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La fin du monde, ou l’inconscient collectif suicidaire.

04 Juin

ImageLa météo. Le temps qu’il fait. Un des sujets les plus préoccupants de l’humanité, si l’on en croit les discussions insipides que l’on peut avoir avec nos collègues, nos proches ou nos amis, lorsque les autres sujets sont épuisés, voire qu’ils n’arrivent pas à émerger dans la conversation.

Un des sujets les plus préoccupants, oui. Tout comme la fin du monde. Apparemment, de tout temps, cette fin est annoncée à maintes reprises, et pourtant, jusqu’à maintenant, je crois bien que nous nous sommes toujours trompés. Alors pourquoi, après des annonces de fins du mondes répétées, et ce, de plus en plus fréquemment, continue t’on de jouer à ce sordide jeu de surenchère, à une époque où, normalement, nous avons une intelligence et une culture suffisantes pour nous épargner ces conneries, si vous me permettez l’expression ?

Il semble que la société et les membres qu’elle compte y tiennent. La fin de tout, imagée par la fin du monde. Un suicide collectif à l’échelle planétaire, et qui se transformera dans les siècles à venir en fin de l’univers, à n’en point douter. Plus qu’une expectative, on dirait que cela prend la forme d’un indicible espoir que tout se termine, « enfin ».

Dans le nouveau Testament, mon patron religieux (lol…), Jean l’Apôtre, a rédigé ce magnifique récit imaginé qu’est l’Apocalypse. Ce livre de l’Apocalypse, pour ceux qui l’ignoreraient, décrit les événements à venir concernant la fin des temps, l’avènement – ou le retour, au choix – du Christ sur Terre, accompagné de sa bande de potes (les anges, les cavaliers de l’Apocalypse et son père, Dieu), et de son vieil ennemi, incarné en la Bête de l’Apocalypse, marquée du légendaire, mais non moins mathématique, « 666 », à l’instar de ceux-qui la servent. Et tout ce déploiement de VIP en vue du jugement dernier, qui déterminera si vos chaussures vous permettront d’entrer ou non dans le carré VIP du paradis, ou de retourner aux enfers, ou pour les moins malchanceux, retourner dans la queue pour repasser devant le physio du purgatoire…

Alors on en aura vu, des théories, des comparaisons, des éléments recoupant cette Apocalypse. On pourra encore pour l’éternité chercher les signes de son arrivée imminente. Le fait est qu’il faut cesser de croire tout ce qu’on vous raconte, à la télévision, comme dans les livres. Rien ne peut assurer qu’une fin du monde arrive, et encore moins qu’elle soit spécifiquement destinée à l’humanité. A moins, bien-sûr, que cette fin du « monde » ne soit que celle de l’humanité, et certainement provoquée par elle-même, comme un chauffard ivre s’envoie dans un platane.

Tiens donc ? Un chauffard ivre s’envoyant dans un platane ? Quid de ce comportement ??? Boire ou conduire, il faut choisir. Pour ma part, je ne pense pas avoir jamais bu avant de conduire, et je suis toujours Sam. Mais combien de personnes ai-je vues prendre le volant avec « un petit coup dans l’aile » ? Ou même un gros coup… Quel est donc ce comportement étrange ?

Typiquement humain – enfin, occidental, autant que je puisse l’affirmer. Profiter à tout prix, même au prix de la vie. Alors comment demander à ces personnes qui risquent leur vie, et celle des autres, dans le but de profiter d’une soirée, de refuser le système consumériste qui tend, indéniablement, à pousser notre monde dans une situation dangereuse… La réaction est semble t’il inscrite dans nos gènes : carpe diem.

Et malgré ce comportement, on ne songe qu’à cette fin du monde ; enfin, pas tous, je crois. Mais nombreux le sont, et ce phénomène transparaît toujours plus dans les médias, au cinéma, etc. Du film catastrophe « classique » des années 80, nous en sommes arrivés au film de la fin du monde apocalyptique des années 2000, à grands renforts d’effets spéciaux en tous genres.

Et puis il y a Internet et ses rumeurs. Son lot, et son flot incessant de vidéos alarmistes, de propos angoissants et angoissés. Du complot cherchant à réduire la population à 500.000.000 d’individus, à l’arrivée fulgurante d’une planète venant percuter la notre, on a droit à une panoplie de fins du monde adaptée aux goûts de chacun.

L’homme joue t’il à se faire peur ? Aime-t-il cela à un tel point ? Espère t’il vraiment être transformé, lui et ses semblables, en une armée de zombies décérébrés errant dans les rues en quête du dernier humain qui se planque pour le bouffer ? Pourquoi cet attentisme de la fin du monde ? De plus, si on en juge à ce qui s’est déroulé dans le passé, cette mode n’est pas mode, mais dure depuis toujours.

Je crois qu’en pensant à la fin du monde, l’homme se réconforte vis-à-vis de sa propre mort. Car si l’est bien une chose que l’humain craint par-dessus tout, c’est la mort. Cette appréhension ultime, si grande que l’homme préfère prendre le risque de la subir plutôt que de la concevoir en l’anticipant. On aime croire que rien ne peut nous arriver. D’ailleurs, je pense que l’immense majorité des humains ne se projettent pas à l’instant de sa mort. La vieillesse est taboue, plus encore que la maladie – qui, elle, se guérit parfois. Mais alors comment la fin du monde peut-elle réconforter ?

Je dis souvent aux gens : « Tu sais, les gens ont peur de la mort, car ils ont peur de ne plus exister ; pourtant, avant notre naissance, le monde tournait déjà, et nous, nous n’étions pas mal ; le monde continuera de tourner après notre mort, et nous ne serons sans doute pas plus mal qu’avant notre naissance ». En fait, c’est là que tout se joue. Si la fin du monde arrive, et qu’ils la vivent, les gens se disent qu’ils ne souffriront pas. C’est la fin pour tous, c’est moins grave. Le monde ne tournera plus, alors ils se sentiront moins morts… C’est de l’égocentrisme poussé à son extrême : « Comment, si je ne suis plus là, les choses peuvent-elles continuer à se dérouler ??? ». Ou alors, la peur poussée à son extrême : « Si les choses continuent de vivre quand moi je suis mort, je suis donc totalement insignifiant ? ». Ben ouais…

De plus, la peur d’affronter ce qu’il y a « après », s’en retrouve également diminuée, si ce passage se fait « massivement ». Comme si l’on allait passer inaperçu dans le flot d’âmes. Comme si, peut-être, le Juge nous oublierait, et que l’on pourrait « gruger » pour entrer au Paradis en feintant le videur, ce fameux Saint Pierre.

Sans chercher à entrer encore plus profondément dans les détails, cette fascination morbide et suicidaire pour la fin du monde ne démontre qu’une chose : le manque de Foi des hommes. Sans parler d’une Foi bien particulière. La Foi dans ce sens de la Confiance. La Confiance en leur destinée, en ce qu’une force a planifié pour eux, etc. Plus de Confiance en rien, uniquement la méfiance, le doute, et la peur. Et tout cela à cause de ? Du matérialisme, au détriment de la spiritualité. Nous nous sommes tellement attachés à ce qui est matériel, concret, préhensible, que nous nous sommes détournés de toute source de rêve, d’espoir, et de plénitude, et que nous ne pouvons plus concevoir d’être séparés de toute cette « matière ».

 

Triste comportement. La fin du monde approche sans aucun doute. Mais ce ne sera sans doute pas romantique, ni cataclysmique. Car quand on meurt, tout s’arrête. Et alors ?

 

Ajout d’un Lien (06/06/2012): http://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_de_pr%C3%A9dictions_de_la_fin_du_monde

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Publié par le 4 juin 2012 dans Uncategorized

 

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