RSS

Diviser pour mieux Régner – Le Racisme

28 Juil

jlcitationPetite réflexion sur le racisme.

L’idée m’est venue au cours d’une soirée récente, lors de laquelle je discutais avec un Martiniquais. Ayant moi-même vécu quelques années sur l’Ile de Madinina, je parlais ouvertement de cette expérience et du racisme inhérent à l’île. La discussion était détendue, et l’ami expliquait le cloisonnement créoles / béqués, en soulignant que finalement, il s’agissait plus d’une indifférence des uns vers les autres que du vrai racisme.

 

 

Mais ma réflexion n’est pas venue de là. J’ai voulu faire une boutade – je ne me souviens même plus laquelle – mais mon esprit s’est tout de suite freiné. « Est-ce qu’il va mal le prendre ? ». Voilà l’idée qui m’est venue en tête, me stoppant comme si j’écrasais la pédale de frein des deux pieds. Je sais pertinemment que le sens de l’humour du Martiniquais aurait fonctionné dans la même direction que moi, et que nous aurions ri ensemble. Mais pourtant, une inhibition était là, et je me suis retenu.

 
Est-ce mal, est-ce bien ? Peu importe finalement. Ce qui est grave, c’est de constater que j’ai retenu une part de la discussion par peur de choquer quelqu’un qui ne l’aurait certainement pas été. Et pourquoi ? Parce que l’on nous fait vivre dans un enfer exacerbé de moral faussement dictée. En effet, de nos jours, le racisme est cité partout, et un effort gigantesque des médias et des pouvoirs est lancé pour nous faire nous sentir coupables.

 
Coupables de penser aux différences entre les cultures ? Totalement stupide ; les cultures sont, par définition, différentes, puisque le terme est intrinsèquement lié à la différence. Ce que souhaitent les pouvoirs en place, c’est que la différence ne puisse être observée, discutée, critiquée. Il faut que cela soit nommé racisme, et que ce racisme soit obligatoirement mauvais, malintentionné. Le résultat ? Un blocage. On finit par avoir peur de communiquer avec l’autre, avec celui qui est différent de nous, avec celui dont on ne comprend pas la culture. On se cloisonne, on se renferme, histoire de conserver le bon rôle du gars « pas raciste ».

 
Dans notre monde, nous avons tous un avis sur l’autre. Que sa culture, sa couleur de peau, sa sexualité, son salaire soient différents. On se permet encore de critiquer certains choix, mais plus le temps passe, et plus la fenêtre de liberté de penser – ou en tout cas, de s’exprimer – se referme. Je ne dis pas que le raciste a raison. Je dis qu’il est naturel de critiquer ce que l’on ne connaît pas. Notre éducation nous a modelés, et nous avons, forcément des aprioris. Mais ce n’est pas parce que l’on n’aime pas, que l’on critique, ou que l’on souhaiterait les choses différentes, que l’on jetterait ces personnes dans des fours.

 
En fait, la xénophobie est naturelle ; sa définition, pour rappel, c’est la « peur de l’étranger ». Mais attention à l’amalgame facile. Par étranger, on n’entend pas la notion de nationalité, mais bien la notion de « l’autre différent ». Car il est naturel d’avoir peur de ce que l’on ne connaît pas.

 
A notre époque, nous vivons un véritable matraquage médiatique qui, d’une part, nous culpabilise vis-à-vis du racisme (sans même parler de ses dérives), et d’autre part, nous pousse à avoir peur de l’autre (en amalgamant population et religion, puis religion et extrémisme, et enfin, extrémisme et terrorisme).

 
Quel résultat obtient-on ainsi ? Une hausse inéluctable du mépris des peuples les uns envers les autres. La frustration de ne plus pouvoir communiquer, de peur d’être taxé de raciste, se mêle à l’ignorance engendrée par ce mutisme : j’ai peur de ce que je ne connais pas, mais comme je n’ose pas apprendre à le connaître de peur que cela passe pour du racisme, je reste dans l’ignorance, et donc, dans cette peur originelle.

 

De même, on peut retrouver ce schéma en termes de sexualité. S’il est désormais courant d’avoir des amis gays, qu’en est-il de la réelle connaissance mutuelle entre gays et hétéro ? Certes, le mouvement gay a toujours été étendard d’un certain progrès social et culturel ; mais lorsque l’on voit les événements tournant autour du mariage gay, en France, on se demande où se trouve la limite entre « l’amitié gay » et la « haine gay ».

 
J’ai pour ma part tendance à dire : « peu importe ce que les gens font de leur cul, tant qu’ils laissent le mien tranquille ». Et c’est valable dans tous les domaines. En quoi la religion, la sexualité, les coutumes ou tout autre choix de l’autre me regardent-ils, tant que ces même religion, sexualité, coutumes ou choix ne viennent pas m’impacter dans ma vie de tous les jours ?

 

La liberté des uns s’arrête là où commence celle des autres. En voilà un bel adage. Et tellement juste. Je n’apprécierais guère que l’on critique mes positions, ma pensée ou mes choix, alors que l’on n’aurait aucunement rapport avec. Alors je tâche de rendre la pareil.

 
Mais les médias sont là. Ils veillent à ce que nous ne laissions pas respirer l’autre, et ceci en nous empêchant de respirer nous même. En discutant avec de nombreuses personnes, ce qui est ressorti c’est un triste constat : le tapage médiatique autour de telle ou telle communauté, agace et pousse le lambda à l’animosité envers cette communauté. Sans dire qu’il faudrait se cacher sous prétexte d’être ce que l’on est, chercher à l’imposer visuellement, socialement ou culturellement aux autres, c’est déjà briser la liberté des autres en n’arrêtant pas suffisamment tôt.
Et ce n’est pas la faute des communautés. C’est la faute des médias. Soi-disant bien pensant.

 
Mais quel but alors ?

 
C’est simple. Le pouvoir n’est pouvoir tant qu’il n’est pas renversé. A notre époque, jamais les pouvoir en place – gouvernementaux, économiques, et plus largement, Exécutif, Politique, Judiciaire et Médiatique – n’ont été autant suspectés de collaboration et de corruption. Le principal intérêt de ces pouvoirs est d’empêcher leur renversement ; et pour ce faire, l’adage « diviser pour mieux régner » n’a jamais autant été aussi nécessaire.

 
Ainsi, dans nos pays occidentaux principalement, très cosmopolites et hétéroclites, les populations doivent être maîtrisées. Et quel meilleur moyen de diviser que d’empêcher les gens de parler des vrais problèmes ? Donc, on cherche à échauder les esprits, attiser les frustrations, pour monter les communautés, les cultures les unes contre les autres. Pendant ces luttes stupides et stériles, le temps n’est pas consacré à se préoccuper du véritable responsable du malheur général : les pouvoirs en place.

 
Si les peuples cessaient véritablement de se monter les uns contre les autres, et renversaient ceux qui les manipulent, ils découvriraient rapidement que la vie commune avec nos différences est plus que possible, et même, qu’elle nous apporterait à tous, un grand bol d’oxygène. Car dans toute mouvance, dans toute culture, dans toute histoire, il y a des choses meilleures que dans nos propres histoires, cultures et mouvances. Le partage et la mixité sont des éléments nécessaires à l’émancipation de l’Homme ; les pouvoirs le savent, et ils préfèrent nous isoler habilement les uns des autres.

 
Riez de tout, avec tout le monde. Et si c’est mal pris, discutez, exprimez-vous, et soyez toujours ouverts. Nous sommes tous de la même espèce, et nous avons tous le même but : le bonheur.

Publicités
 
Poster un commentaire

Publié par le 28 juillet 2014 dans Politique

 

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

 
%d blogueurs aiment cette page :