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Dieu – Homme – Machine

354710_1252027730_largeDieu créa l’Homme ; l’Homme créa la machine ; l’Homme-Machine déchut Dieu de son Trône. Et bientôt, la Machine détruira l’Homme.

1984. Orwell. Un roman si célèbre. On y parle de dictature globale.

2014. Qu’en est-il de l’avènement d’un dictat mondial ? Quid du Big Brother ?

La majeure partie des gens ne croient pas, ou refusent de croire en les théories conspirationnistes, quelles qu’elles soient. En y repensant, que des thèses étayent les grands complots ou non, que les humains veuillent croire qu’un groupuscule occulte cherche à prendre le contrôle globale de leur espèce, n’a guère d’importance. Difficile de défendre une quelconque théorie, en vérité. Comme énoncé précédemment, les complots existent inéluctablement, mais leurs desseins précis sont indicibles, car impossibles à cerner et à compiler.

Malgré cet état de fait, malgré l’impossibilité de dire si quelque chose se trame dans l’ombre, il existe des vérités dont la somme peut nous inquiéter. En 1984, date choisie presque par hasard, les réseaux de télécommunications mondiaux restaient basés sur la téléphonie filaire, et les systèmes éventuels d’écoute devaient – je ne suis pas suffisamment expert pour le dire – être largement plus laborieux qu’à l’ère du tout-informatique.

A la fin des années 1990, l’Internet prit forme dans le quotidien des occidentaux, et déjà, nous nous primes à rêver des capacités à venir – et nous étions loin, très loin du compte, n’imaginant pas les progrès qui suivraient. Internet marqua un réel détour dans la communication de notre espèce, et très rapidement, le déferlement de la téléphonie portable l’accompagna dans une exaltation globale d’une nouvelle façon de communiquer avec nos homologues humains.
Aujourd’hui, sur Terre, il y a plus d’un téléphone portable en circulation pour chaque humain. On peut statistiquement considérer que plus de quatre-vingt pourcents de la population mondiale est reliée au grand réseau de communication. Un extraordinaire miracle lorsqu’on considère que bien moins de personnes mangent à leur faim, vivent décemment, et possèdent un logement. Il n’y a pas de miracle, et encore moins de hasard, d’après moi.

Chaque jour sur cette planète, l’accès aux télécommunications est grandement facilité. Les prix des « forfaits » sont dérisoires, sans parler même des prix des téléphones modernes, autrement connus sur le nom de Smartphones (téléphones intelligents…), qui sont des condensés d’une technologie avancée. Equipés de caméras (souvent deux, l’une en façade, l’autre en « mirroir »), de lecteurs audio et vidéo, d’enregistreurs audio…. Ces petits bijoux auraient fait rougir un James Bond des années 80. Et tout le monde en a, ou se trouve sur le point d’en avoir.

Ceci est le point numéro 1.

 
Qu’en est-il d’Internet exactement ? Ce grand réseau abstrait pour la plupart d’entre nous, branché depuis maintenant près de vingt cinq années sans interruption, est devenu une nébuleuse omniprésente. Tâchons d’en saisir la quintessence… La quasi-totalité des lieux habités de la planète est reliée à Internet, via des réseaux filaires, cuivrés, ou maintenant, optiques. De plus, le réseau de satellites virevoltant au dessus de nos têtes, et dont peu d’hommes en connaissent le détail, servent à renvoyer le signal d’Internet vers des lieux éventuellement déconnectés physiquement du réseau. Ce même réseau est lui-même dématérialisé dans toutes les agglomérations via les antennes WiFi qui permettent à tout poste cherchant à s’y connecter de le faire. A noter que l’avènement proche du LiFi (protocole de communication informatique via l’utilisation des signaux lumineux) permettra une couverture locale appréciée pour sa rapidité et sa simplicité de mise en œuvre. On n’a pas fini de cligner des paupières et d’avoir des maux de tête… Bref. Rajoutons à cette panoplie les réseaux « G » supportant les flux de données vidéos notamment… et l’on s’aperçoit que si un signal quelconque doit être transféré d’un point A vers un point B, il n’aura aucune difficulté à le faire.

C’est le point numéro 2.

 
Après le 11 septembre 2001, une frénésie occidentale, largement aidée par une frénésie commerciale, a poussé nos Etats à se lancer à la chasse aux « Terroristes » et autres délinquants, criminels etc. Le nombre de caméras présentes dans les lieux publics a explosé, sans parler des lieux de transit tels que les aéroports où l’on vous scrute maintenant jusqu’en dedans, via des scanners. Au rythme où les caméras de surveillance se mettent à peupler les lieux publics et privés, on peut aisément comprendre qu’il n’y aura plus de lieu fréquenté sans surveillance.

Par ailleurs, si cette surveillance s’équipe de caméra, elle tend également à se coupler à des moyens informatiques d’une performance déconcertante. De nombreux projets officiels ont déjà été présentés comme capable de reconnaître une personne en recoupant image et base de données. C’est un minimum. Aujourd’hui, d’autres moyens de captation d’images permettent de déduire, selon la posture ou l’attitude d’une personne, selon ses critères biométriques, de déterminer ses intentions. Ou son état « d’âme ».

C’est le point 3.

 
L’augmentation du nombre de caméras dans nos résidences est aujourd’hui un autre fait à souligner. En plus des caméras et micros que nous portons en permanence sur nous via nos téléphones portables, de toujours plus nombreux appareils à « œil » apparaissent à nos portes et dans nos salons. Toujours dans un souci de sécurité croissant, les immeubles d’abord (et par obligation légale), puis les maisons voire appartements, s’équipent de portiers vidéos, permettant de visualiser qui se trouve devant la porte, et ce, avec une qualité étonnante.

D’un autre côté, la grande majorité des ordinateurs portables et autres netbooks sont équipés de « webcam ». Les consoles de jeu le sont également, afin de pouvoir faire fonctionner les nouveaux systèmes de pilotage sans manette ou au moins, sans fil. Les écrans de télévision commencent également à être équipés de caméras, et je ne donne pas cinq ans avant que ce petit ajout technologique ne devienne systématique.

C’est le point 4.

 
On pourrait continuer encore certainement à creuser la recherche des différents points de capture vidéo qui existent en ce monde, mais si l’on résume déjà ceux évoqués plus hauts, on devrait se retrouver, dans un futur très proche à ce constat, pour chaque famille au moins :
– Une caméra dans le salon (via la télévision et/ou une éventuelle box ou console de jeu)
– Une caméra dans le bureau (via une webcam intégrée ou déportée)
– Une caméra à la porte d’entrée (via un portier vidéo de contrôle d’accès)
– Deux caméras mobiles (présentes sur le Smartphone)
Rajoutons les caméras sur les lieux de travail, les lieux publics et les rues.
La probabilité d’être en dehors de tout regard s’amenuise soudain.
Alors j’en reviens à mon introduction. Quel complot, pourquoi faire ? Big Brother, un mythe. J’ai une simple question à poser à ceux qui m’apposeront leurs arguments, quels qu’ils soient, et qui iraient à l’encontre de l’avènement proche de ce que moi j’appelle, plutôt que Big Brother, la Bête au Milliard d’Yeux. Cette question, c’est « Si on peut le faire, pourquoi quelqu’un ne le ferait-il pas ? ». Car en effet, la question n’est plus éthique, morale, politique. La question est technologique. Si c’est faisable, n’existera t’il pas sur cette Terre quelqu’un pour le faire ? Quelles que soient ses intentions, ses moyens, une personne capable de se saisir de toute la puissance technologique présente à nos portes, dans nos poches, dans nos maisons, ne le ferait-elle pas ?

Bon nombre de techniciens et scientifiques me diront que c’est impossible, car trop complexe à appréhender. Non, je ne suis pas d’accord. En effet, dur de capter le signal d’un portier vidéo par exemple. Et pourtant, ces derniers ne sont-ils pas de plus en plus souvent reliés à un réseau, au moins domestique, ne serait-ce que pour l’enregistrement de la vidéo sur l’ordinateur de la maison ?

Les webcams, quant à elles… Ne peuvent être pas être activées à distance ? La vérité, indéniable, c’est que tout système informatique, et ce qu’il pilote, est assujetti à des règles informatiques que l’on peut violer. Hormis le fait de débrancher un ordinateur du secteur, difficile de dire quelle protection demeure pour que celui-ci ne puisse être activé et piloté à distance. De même pour les téléphones portables qui, je le rappelle, deviennent de plus en plus des micro-ordinateurs remplis de logiciels (applications), organisées au sein d’un système d’exploitation. De nombreuses applications, mais pas d’anti-virus, à ma connaissance.

Si l’on recoupe les avancées technologiques et informatiques (super-calculateurs, etc), la présence des moyens de captation vidéos et audio, l’accumulation de données via leur collecte (données biométriques, civiles, médicales, juridiques, etc), la possibilité de tracer par géolocalisation les téléphones et les puces RFID, de tracer par IP et recoupement des habitudes de « surf », et enfin la volonté d’utiliser cet ensemble pour contrôler le monde… on prend vite conscience que les limites n’existent pas vraiment.

Qui que vous soyez, la Bête au Milliard d’Yeux saura vous trouver, vous observer ; elle pourra savoir en présence de qui vous vous trouvez, ce que vous partagez avec, et quel est votre état d’esprit à ce moment là. Elle saura d’où vous veniez, et où vous allez vous rendre. Elle pourra prendre en compte les objets que vous avez sur vous, et s’il y a une différence entre ceux que vous aviez avant, et que vous aurez après. Elle pourra tracer l’ensemble de vos achats, et relier leur empreinte RFID à votre personne. Toutes vos communications lui seront ouvertes, et par l’utilisation subtiles de statistiques et d’analyses algorithmiques, elle déterminera si vous représentez une menace pour elle, et si cette menace est trop grande, si elle doit vous éliminer.

C’est un autre chapitre là. Mais pensez aux films qui vous font tant baver à grands renforts d’effets spéciaux… et demandez-vous si, avec toutes ces belles images et vidéos qu’elle aura collecté de vous, la Bête ne sera pas capable de créer un faux « vous », dans une situation très inconfortable, pour finalement vous faire accuser d’un crime déroulé au moment où vous étiez en train de vous curer le nez, seul dans votre salon, à regarder un navet, et où vous n’aviez, bien entendu, aucun alibi.

Vous ne serez plus en sécurité. Alors avant que ça n’arrive, vous n’avez que deux options : couper le cordon technologique, ou faire changer les choses pour que ce scenario ne reste que celui d’un moment roman de ficton.

John

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Publié par le 25 juillet 2014 dans Uncategorized

 

Le fascisme réel, par Maxime CHAIX

Source: http://www.dedefensa.org/article-le_fascisme_r_el_10_06_2014.html

Image: Logo du Conseil européen ( http://www.european-council.europa.eu/home-page.aspx?lang=fr )

HeaderIconLe fascisme réel

Le néolibéralisme est le fascisme réel. Il représente aujourd’hui le principal danger qui menace notre République, c’est-à-dire l’extrémisme le plus subtil et le plus incompris, donc le plus mésestimé dans sa capacité destructive. Ce nouveau fascisme se manifeste à travers une offensive généralisée contre les intérêts de la France et de nombreux autres pays, notamment européens. Il ne s’agit pas d’un vaste complot, mais d’un mode autoritaire de gouvernance qui se globalise dangereusement depuis la « Révolution Reagan » des années 80 et la dérégulation financière correspondante. Ainsi, l’influence et la richesse de ce que l’ancien diplomate et universitaire Peter Dale Scott a appelé le « supramonde » se sont démesurément amplifiées. (1)

Cette offensive néolibérale – multiforme et incessante – sert avant tout les intérêts de la politique étrangère des États-Unis et de leurs multinationales. Mais elle est également profitable à une nouvelle aristocratie apatride (2) : une hyperclasse informelle qui « n’a pas de visage », (3) qui dirige les Marchés et qui domine les cercles médiatiques, économiques et politiques français. (4) Cette hyperclasse ne constitue pas une structure hiérarchisée agissant de manière coordonnée, mais une classe sociale hautement privilégiée qui utilise son influence excessive pour s’enrichir au détriment de l’économie réelle. Manifestement, la plupart des Français de cette hyperclasse sont animés par un état d’esprit pathologiquement cupide (5) et déloyal envers notre pays. (6) En effet, à l’image de nos principaux dirigeants politiques, leurs allégeances profondes sont essentiellement atlantistes, (7) sionistes (8) et hydrocarbomonarchistes. (9) Au regard de la désindustrialisation accélérée de la France, (10) du consensus politique derrière la privatisation de son économie (11) et de l’exode fiscal d’un nombre croissant d’entreprises du CAC 40, (12) cette mentalité est commune à la plupart de nos élites qui – comme l’a dénoncé la députée de l’Aisne et ancienne directrice de l’ENA Marie-Françoise Bechtel –, partagent une « détestation (…) envers la nation [française] ». (13)

Imposé par des élites hostiles à leur patrie, le néolibéralisme prend la forme concrète d’une véritable guerre économique, financière, idéologique, psychologique et sécuritaire – une attaque si déstabilisante que dorénavant, la menace de troubles sociaux à caractère insurrectionnel n’est pas exclue par l’État français. (14) Appuyée par les grandes écoles et les médias de masse, cette offensive néolibérale est à la fois brutale et invisible, car elle est soutenue quotidiennement par le conformisme de la presse écrite et audiovisuelle. (15) C’est pourquoi elle est difficilement perceptible, en tant que menace réelle et immédiate, par la majorité de nos concitoyens. (16) Hélas, elle amoindrit lentement – mais efficacement – les structures de l’État providence héritées du Conseil National de la Résistance (CNR). (17) Non conventionnelle et intensive, cette guerre asymétrique a comme finalité d’enrichir les riches et d’appauvrir les pauvres au mépris de la souveraineté étatique, pérennisant ainsi une nouvelle guerre des classes menée verticalement – du fort au faible – à l’échelle globale. Les travaux de Thomas Piketty, qui deviennent un paradigme majeur en matière d’analyse économique, tendent à le démontrer de façon indiscutable. (18) Cette guerre des classes d’un nouveau genre – encouragée par la globalisation financière et la révolution informatique dans les échanges boursiers –, a d’ailleurs été admise par l’un de ses principaux belligérants, le multimilliardaire états-unien Warren Buffet. (19) Bien que cet « aveu » soit ironique, il illustre néanmoins une réalité concrète.

Plus tragiquement, le néolibéralisme prédateur engendre des guerres durablement brutales et destructrices, qui favorisent avant tout des intérêts privés (et pas seulement énergétiques). (20) Ces interventions militaires sont justifiées par un usage abusif et trompeur des notions humanistes que sont les droits universels ou la démocratie, comme en Irak ou en Libye. Depuis le 11-Septembre, elles sont également légitimées par la guerre globale « contre » le terrorisme, comme en Afghanistan ou à Gaza. En réalité, les forces néolibérales s’appuient fréquemment sur des jihadistes (Bosnie (21), Kosovo (22), Libye (23), Syrie (24)…) ou sur des extrémistes de l’ultradroite (Amérique latine (25), Ukraine (26)…) pour « normaliser » des nations récalcitrantes, tout en invoquant les vertus de la démocratie à la moindre occasion médiatique.

Plus important encore, le néolibéralisme se fonde sur la conviction que les crises, les guerres et les désastres sont le moyen le plus efficace pour imposer aux peuples des mesures économiques qui seraient inacceptables en temps normal – comme l’a démontré l’économiste Naomi Klein. (27) Essentiellement, le néolibéralisme engendre une ploutocratisation du monde, puisqu’il contraint le pouvoir politique à privatiser les gains et à nationaliser les pertes – bien que ses apologistes défendent la notion cosmogonique d’une « Main invisible » qui régulerait les Marchés. En réalité, le néolibéralisme ne relève pas du libéralisme économique, mais d’un socialisme des nantis. En effet, une surabondance de trillions – attribués autoritairement aux contribuables lambda – a été transférée au secteur bancaire global par les gouvernants néolibéraux durant la crise des subprimes, dans le but d’éviter l’effondrement d’un système financier intrinsèquement criminogène (comme l’a expliqué le commissaire Jean-François Gayraud dans son dernier ouvrage). (28). Il en résulte une crise mondiale de l’endettement, qui légitime une nouvelle migration massive de fonds publics vers le secteur privé à travers ce qui est communément appelé l’« austérité ». (29) La guerre « contre » le terrorisme a également engendré un transfert colossal de ressources publiques vers des entreprises privées, le coût de ces interventions armées meurtrières – mais stratégiquement désastreuses – ayant contribué à la déstabilisation économique et financière globale. (30) Le néolibéralisme se nourrit donc de ces catastrophes humaines, et le caractère crisique du Système-monde globalisé promet d’heureux lendemains à l’hyperclasse tirant profit de ces désastres…

La stratégie de la tension médiatique et la guerre néolibérale

Le néolibéralisme est donc le fascisme réel. Celui qui est désigné comme tel par les médias français est instrumentalisé par l’hyperclasse à des fins de neutralisation démocratique. En effet, la médiatisation massive du Front National engendre un basculement du débat public vers les thèmes autoritaristes de la droite extrême. En retour, ce phénomène permet à l’hyperclasse d’imposer via des ministres de l’Intérieur fantoches (31) des politiques sécuritaires consolidant l’ordre établi au nom de la lutte contre l’insécurité, l’immigration, le terrorisme, la haine raciale (etc.). (32) Si le fascisme désigné avait été réellement dangereux pour le système néolibéral, le FN aurait été nettement moins médiatisé. Au contraire, ce parti – qui avait été propulsé sur le devant de la scène politique grâce à François Mitterrand dans les années 80 (33) –, bénéficie d’un accès de plus en plus privilégié aux médias. (34) Il en résulte une telle dégradation du débat public que le citoyen est sensibilisé de force à une vision décliniste de son avenir. Par conséquent, il a peur au lieu de tenter de comprendre qui est son ennemi réel, et ainsi de le combattre. Peur de l’autre, peur du lendemain, peur de l’étranger, peur du chômage, peur de l’appauvrissement, peur de la Crise… « Paradoxalement », l’hyperclasse qui domine les Marchés n’a jamais été aussi fortunée dans l’Histoire du monde. (35) Ainsi, autant dire que le fascisme néolibéral est efficace, subtil et abondamment financé, en plus d’être massivement médiatisé et stratégiquement enseigné (HEC, IEP, ENA, etc.). Il en est donc incroyablement dangereux et, à défaut d’être perçu comme un ennemi concret, il a été imposé « par voie parlementaire » à la tête de l’Union européenne – malgré les refus référendaires des peuples français, irlandais et néerlandais.

Puisque le néolibéralisme se légitime à travers l’arme de médiatisation massive, cette guerre est psychologique avant même d’être économique. Elle fait rage dans nos esprits car les médias nous imposent une stratégie de la tension permanente, qui délégitime le pouvoir politique et détruit les notions protectrices et structurantes de souveraineté et de patriotisme en les assimilant abusivement à l’« extrême droite » et au « nationalisme ». Parallèlement, la souveraineté – essentiellement économique, commerciale et industrielle –, est proscrite par les traités européens. (36) Pourtant, nos « partenaires » à Washington et à Wall Street – capitales mondiales du néolibéralisme – n’ont aucun scrupule à contourner les règles internationales lorsque leurs intérêts le justifient. (37) Ainsi, dans cette guerre globale pourtant dénoncée par François Mitterrand peu avant sa mort, (38) le gouvernement français semble totalement acquis au néolibéralisme et à l’atlantisme correspondant. Par conséquent, – bien qu’elle ait ensuite évoqué des « conséquences négatives » dans les négociations du TAFTA –, notre direction politique s’est d’abord murée dans un silence assourdissant après que le Wall Street Journal ait révélé l’intention de Washington de condamner la BNP Paribas à une amende record de 10 milliards de dollars. (39) Comme l’a rappelé le journal Le Monde,

« [e]n droit international, les pays ne sont en général pas autorisés à exercer des compétences extraterritoriales comme les États-Unis le font en sanctionnant les banques étrangères. Mais un principe juridique supplante tous les autres : celui de la protection de la souveraineté étatique. Un principe résumé avec emphase par le [ministre de la Justice] des États-Unis, Eric Holder (…) : “Aucun individu, aucune entité qui fait du mal à notre économie n’est au-dessus de la loi” ». (40)

« One Nation Under God » : cette « souveraineté étatique » est en réalité de droit divin, d’où l’exceptionnalisme états-unien qui justifie cet hégémonisme global – y compris s’il implique les ingérences économiques permanentes et massives de Washington (alors que les États-Unis sont renommés pour leur attachement au libéralisme de marché…). Ainsi, le constat est cruel, mais il est sans appel : le néolibéralisme exige que la souveraineté soit légalement proscrite aux vassaux étrangers, notamment européens ; mais l’extraterritorialité du « droit naturel » du Souverain est imposée illégalement à travers de discrètes ententes technocratiques, voire des menaces publiques (41) ou officieuses. (42) Au sein de l’Union européenne, ce nouvel ordre extra-juridique se met en place subrepticement, sans que les peuples concernés ne soient consultés – comme l’a expliqué le sociologue Jean-Claude Paye. (43)

Dans ce contexte, comment nos responsables politiques peuvent-ils ignorer cette guerre néolibérale menée contre la France et l’Europe, en particulier à l’aune de l’affaire Snowden et de la volonté de Washington d’« enculer l’UE » à travers la crise ukrainienne ? (44) Pourtant, malgré cette hostilité manifeste de nos « alliés », le cadre institutionnel de l’Union européenne reste majoritairement atlantiste, donc acquis au néolibéralisme et à son bras armé qu’est l’OTAN. La guerre est silencieuse et feutrée depuis le bâtiment Berlaymont, sachant que la plupart des hauts responsables y siégeant font preuve d’une loyauté absolue envers les États-Unis et leurs intérêts (accords SWIFT, TAFTA, etc.). (45) Cette guerre n’en est pas moins intensive, brutale et démocracide – ce que perçoivent majoritairement les électeurs français, sans parfois même en avoir conscience.

L’abstention majoritaire : la délégitimation populaire du néolibéralisme

Ainsi, lors du dernier scrutin européen, cette stratégie de la tension médiatique eu comme effet le plus visible de placer le Front National en tête de ces élections – une dégradation encore plus profonde du débat public étant donc inévitable. En effet, depuis le 21-Avril, les dirigeants des deux principales formations politiques droitisent sans complexe leur discours et leur action sur les questions sécuritaires – conformément aux programmes électoraux du FN. En revanche, lorsqu’il est question d’économie, ils disqualifient toute idée de « souveraineté » ou de « patriotisme » en les assimilant au « populisme » ou au « nationalisme » – malgré les efforts récents du young leader Arnaud Montebourg pour se réapproprier ces concepts, mais sans qu’il ne puisse appliquer les politiques de nationalisation correspondantes (puisqu’elles seraient contraires aux règles imposées par la Commission européenne). (46) Ainsi, dans les médias français, la victoire électorale du FN engendre un déferlement de mises en garde moralisatrices envers les abstentionnistes, alors que la France est profondément déstabilisée par une offensive néolibérale imposée depuis Washington, Wall Street et Bruxelles.

Dans ce contexte difficile, l’abstention d’une majorité d’électeurs français insensibles au piège frontiste est l’événement le plus déterminant de ces élections européennes – près de 56 % des inscrits ne s’étant pas déplacés dans l’isoloir. De manière informelle, ils constituent donc le plus grand parti de France, auquel j’ai récemment adhéré pour une raison simple : participer à la délégitimation d’un système oligarchique républicide et fondamentalement hostile à l’idéal démocratique moderne (donc à l’héritage des résistants du CNR évoqué précédemment). Le vote blanc n’étant pas comptabilisé à l’issue des scrutins français, j’estime ne pas avoir eu d’autre choix pour démontrer mon profond mécontentement.

Irresponsabilité civique ? Laissez-faire « coupable » en faveur du Front National ? Bien au contraire ! Lors des dernières élections, le FN a réalisé un score majoritaire avant tout car les médias de masse ont continuellement promu ce parti en lui accordant une diffusion injustifiée et déstabilisante. Essentiellement, la diabolisation massive du FN par des cercles politico-médiatiques à la crédibilité déclinante a engendré sa victimisation électoralement profitable. Anticipé par les instituts de sondages, ce phénomène était prévisible au vu de la guerre néolibérale ici décrite, qui affaiblit notre pays et détruit notre tissu socioéconomique. Néanmoins, si l’on tient compte de l’abstention massive, ce succès électoral du FN représente avant tout une victoire symbolique, qui n’est pas représentative de l’opinion majoritaire des Français. Ainsi, elle ne doit pas masquer l’essentiel : en France, près de 56 % des citoyens ont choisi de boycotter les élections européennes plutôt que de cautionner par leur vote un système oligotechnocratique qu’ils considèrent comme illégitime.

Parallèlement, une succession ininterrompue de scandales a discrédité durablement le pouvoir politique français. L’impuissance communicationnelle de François Hollande au lendemain des élections européennes, ainsi que la déchéance fulgurante de Jean-François Copé et de son « organisation », en sont des illustrations évidentes et cruelles. Affaiblie et aveuglée par ses tropismes néolibéraux et atlantistes, la « classe politique » française en est donc réduite à dilapider les ressources et le patrimoine de son peuple au profit des Marchés, de leurs structures clés (OMC, NYSE Euronext, MES, CIRDI, BCE, etc.) et des pays œuvrant le plus agressivement pour imposer le néolibéralisme à travers le monde. Je fais ici référence aux États-Unis, à Israël, ainsi qu’aux hydrocarbomonarchies du golfe Persique. En France, ces forces profondes sont dangereusement et anormalement influentes. Or, peu d’observateurs semblent remarquer qu’elles sont massivement défendues par un système médiatique pourtant plus que jamais actif dans la déstabilisation du pouvoir politique français. (47) En effet, toute critique des États-Unis dans les médias engendre des accusations quasi-systématiques (mais faiblement argumentées) d’« antiaméricanisme primaire ». (48) La moindre critique d’Israël, d’ailleurs avant même que quiconque n’ose s’aventurer sur ce terrain périlleux, est neutralisée par l’accusation révoltante d’« antisémitisme ». (49) Enfin, la critique des hydrocarbomonarchies du Golfe est tolérée, dans un contexte de diabolisation permanente de ce que la plupart des médias décrivent caricaturalement comme étant l’Islam – un processus auquel contribue activement le FN depuis des décennies. Néanmoins, ces critiques semblent plutôt rares et bien souvent indulgentes, au vu du caractère dictatorial de ces régimes et de la dangerosité de leurs politiques de soutien des réseaux jihadistes à l’étranger – dont la secte Boko Haram (50) ou la nébuleuse al-Qaïda. (51)

Ainsi, bien qu’étant profondément hostile envers les obsessions xénophobes – et parfois ouvertement racistes (52) – du Front National, ma définition du fascisme diffère de celle que l’ensemble des médias français nous désigne. En effet, ce parti est devenu « malgré lui » l’un des principaux instruments d’une neutralisation oligarchique de la démocratie, qui permet de renforcer le caractère sécuritaire et policier de l’État, tout en marginalisant les notions de « souveraineté » et de « patriotisme ». Il en résulte l’omnipuissance d’un néolibéralisme pourtant majoritairement refusé par les peuples européens. En effet, au moment où j’écris ces lignes, le « social-démocrate » luxembourgeois Jean-Claude Juncker – qui a dirigé pendant 18 ans le paradis fiscal où siègent Clearstream et Euroclear – est le candidat favori à la présidence de la Commission européenne. L’Europe néolibérale ayant été rejetée par voie référendaire, il serait temps que nos responsables politiques prennent conscience que ce déni permanent de démocratie ne peut avoir d’issue heureuse, stable et prospère.

Néanmoins, il semble que le peuple français – à travers une abstention massive plus qu’un recours au vote « protestataire » –, s’est positionné à l’avant-garde de cette nécessaire remise en cause des fondements néolibéraux, déloyaux et atlantistes de l’Union européenne. En ayant boycotté aussi largement ce scrutin européen, les électeurs français ont une nouvelle fois contribué à délégitimer un système néolibéral plus antidémocratique que jamais. D’une certaine manière, sachant que le vote blanc n’est pas comptabilisé, j’ai la conviction d’avoir participé par mon abstention à une forme de révolte pacifiste contre le nouveau fascisme – c’est-à-dire l’imposition autoritaire d’un fondamentalisme néolibéral contraire aux intérêts et à la volonté du peuple européen.

Ainsi, malgré un contexte délétère, nous avons des raisons de nous réjouir, car les citoyens français ont – massivement et majoritairement – choisi de refuser à travers leur abstention la légitimation électorale du fascisme réel. « Le changement, c’est maintenant » !

Maxime Chaix

 

(Je remercie le pianiste Ahmad Jamal pour sa musique, qui m’a été d’une aide précieuse dans l’écriture de cet article. maxime-chaix@hotmail.fr)

 

Notes

1. Le supramonde; voir Jean-François Gayraud, « L’alarmante impuissance contre le blanchiment », Agefi.com, 18 février 2014 : « Des lois de dérégulation ont mis en place une nouvelle architecture du monde autour des triptyques “déréglementation, décloisonnement, désintermédiation” ou encore “privatisations, rigueur budgétaire, libre-échange”. (…) Et il faut casser le mythe d’une dynamique naturelle et inéluctable de la mondialisation qui se serait imposée aux politiciens. La mondialisation a été initiée par les classes supérieures des pays riches du Nord et du Sud ; et ce sont elles qui en ont le plus profité.

La conséquence de ce mouvement historique est connue : la mondialisation a libéré les capitaux de leurs contraintes territoriales, enrichissant des classes supérieures formant une nouvelle upperclass mondialisée, des “élites mondialisées” (Jean-Pierre Chevènement), une superclasse (David Ruthkopf), un “supramonde” (Peter Dale Scott). » (lien).

2. Paul Jorion, préface du livre de Jean-François Gayraud, Le nouveau capitalisme criminel (Éditions Odile Jacob, Paris, 2014) : « La démocratie existe-t-elle encore et s’il semble que oui, cette apparence n’est-elle pas trompeuse : n’est-elle pas seulement le fruit d’un décor habilement peint en trompe-l’œil ? Répond très crûment à cette question, un article fameux d’une équipe de l’Institut polytechnique de Zurich composée de Stefania Vitali, James B. Glattfelder, et Stefano Battiston, article publié en 2011, consacré au réseau de contrôle des firmes mondiales, sur lequel mon blog fut le premier à attirer l’attention dans le monde francophone (…). Il est mis en évidence dans cet article qu’un petit groupe de 147 firmes contrôle 40 % de la finance et de l’économie mondiales ; le nombre monte à 737 si l’on veut atteindre les 80 %. » (Consultable ici). À ce sujet, voir également « Le corporate power, ou le totalitarisme entropique », 24 octobre 2011.)

3. « Hollande et l’adversaire qui “n’a pas de visage” », Nouvelobs.com, 23 janvier 2012.

4. Le club « Le Siècle » est une illustration flagrante des réseaux d’influence de l’hyperclasse ici décrite, et de l’institutionnalisation discrète de lieux d’échanges hautement sélectifs au sein desquels se forment des consensus élitistes. Voir par exemple Nolwenn le Blevennec, « La bande à Pierre Carles allume les journalistes du club Le Siècle », Rue89.nouvelobs.com, 16 novembre 2010 : « Selon Michel Fiszbin, Le Siècle est un “club occulte où les puissants se cooptent”. Le producteur regrette que les journalistes entrent dans des relations “amicales” avec des patrons du CAC40 ou des hommes politiques. Selon lui, cela ne peut qu’influencer leur jugement et biaiser leur travail. ».

5. Jorion, ibid. : « La prétention séculaire de la finance à l’extraterritorialité de son domaine par rapport à la morale semble avoir triomphé. La “rationalité” supposée de l’homo oeconomicus transcende les catégories éthiques. Souvenons-nous tout de même qu’il ne s’agit nullement de rationalité au sens où on l’entend généralement mais, comme l’écrit très bien Gayraud, d’un simple “comportement carnassier”. ».

6. Entretien croisé avec la députée de l’Aisne et ancienne directrice de l’ENA Marie-Françoise Bechtel et l’éditorialiste Nicolas Baverez, L’Expansion, décembre 2013/janvier 2014. Selon Madame Bechtel, « [l]a spécificité française tient surtout à la détestation des élites envers la nation. C’est un trait fédérateur très troublant alors que, au Royaume-Uni et au États-Unis, la crème du pays a le patriotisme chevillé au corps. Il faut se rappeler la tirade de Jean-Marie Messier, au début des années 2000, quand il qualifie les Etats-Unis de “vraie patrie des hommes d’affaires” avant de s’y installer. Il reconnaissait une autre nation que la sienne pour en faire un modèle universel. Toutes les élites ne l’expriment pas ainsi, mais beaucoup n’en pensent pas moins. Dans les années 90, elles se sont coulées dans le modèle anglo-saxon dominant, certaines de pouvoir tirer leur épingle du jeu de la mondialisation. Elles ne croient pas en la France. » (Accentuation ajoutée).

7. Benjamin Dormann, « Washington sur Seine ? Ces ministres de François Hollande qui ont été formés par les Américains », Atlantico.fr, 22 mai 2012 ; Jean Paul Baquiast, « La France et l’atlantisme », Europesolidaire.eu, 25 mai 2012 : « Les divers contacts pris ou en préparation entre les responsables français et leurs homologues européens montrent que la France, sous François Hollande, ne remettra que marginalement en cause l’atlantisme, défini comme une allégeance de fait et de droit à l’Empire américain. » ; tribune libre de Jean-Philippe Immarigeon, « Rendez-moi Montaigne et Guy Mollet ! », Theatrum-belli.org : « On commence à connaître [la French American Foundation,] cette officine créée en 1976, et je conseille la lecture de son site tant ses objectifs y sont clairement exposés : faire de l’entrisme dans les institutions françaises, et convaincre nos prétendues élites de l’intérêt de servir les intérêts américains. (…) Mais le summum se lit dans la liste des lauréats 2013 publiée le 25 juin dernier. Y apparaît le capitaine de frégate Philippe Naudet, commandant du Sous-marin Nucléaire d’Attaque Améthyste (S-605). Ce qui veut dire que la Royale dépêche auprès des Américains un futur pacha de Sous-marin Nucléaire Lanceur d’Engins – puisque le cursus se fait généralement ainsi dans cette arme (…). Mais le plus drôle – à ce stade il ne reste rien d’autre à faire que de rire – c’est que dans le contingent américain des Young Leaders de la promotion 2013, notre futur détenteur de secrets nucléaires côtoiera Madame Anne Neuberger, conseillère spéciale du patron de la NSA. »

8. Pour mieux saisir les liens de l’hyperclasse ici décrite avec le sionisme et le monde politique français, le lecteur pourra notamment consulter le site du journaliste indépendant Hicham Hamza : www.panamza.com. Ce sujet est particulièrement épineux en France, pays dont l’actuel Premier Ministre avait publiquement affirmé – avant de prendre des fonctions gouvernementales – être « éternellement » lié à l’État d’Israël. Du fait de la difficulté de traiter de l’influence israélienne en France, ce site est donc particulièrement utile, informatif et subversif. À noter que Panamza.com a été cité par d’éminentes personnalités, telles que Pascal Boniface, Marwan Muhammad ou Denis Robert.

9. Selon des sources bien informées, le Qatar a joué un rôle central dans les coulisses de la guerre en Libye, ayant apparemment exercé une influence majeure sur le pouvoir français afin de déclencher une intervention armée. À ce sujet, voir notamment « Gaz et pétrole : Guerres secrètes », un documentaire de Spécial Investigation (Canal +) réalisé par Patrick-Charles Messance (consultable à ce lien) ; Christophe Ayad, « La France, meilleure alliée de l’Arabie saoudite, au Liban comme en Syrie », Lemonde.fr, 28 décembre 2013 ; Eric Leser, « Comment le Qatar a acheté la France (et s’est payé sa classe politique) », Slate.fr, 6 juin 2011 (etc.).

10. Pour comprendre les fondements de la désindustrialisation de France, je recommande vivement cette analyse de Sylvain Fontan, « Réflexion sur la désindustrialisation de la France », Leconomiste.eu, 3 décembre 2013 : « La disparition d’une stratégie industrielle en France date des années 70. En effet, au-delà des raisons purement économiques, il y a également des éléments historiques et géoéconomiques qui expliquent la désindustrialisation française :

• Le milieu des années 1970 marque la fin des politiques visant à installer un système pouvant stimuler l’industrie. À cette époque, le commissariat général du plan arrête son soutien à l’industrie électronique, et donc également les autres secteurs d’activité gravitant autour. La disparition de cette vision stratégique provient, d’une part, de l’amoindrissement de la pensée gaulliste qui cherchait notamment à mener une politique industrielle et à la pérenniser et, d’autre part, de la perte d’appétence de la part de firmes multinationales par ce type [d’]approche.

• Parallèlement, ce phénomène est lié à la situation géoéconomique des États-Unis. En effet, à cette époque, les États-Unis sortent de la guerre du Vietnam et voient réapparaître l’Europe et l’Asie sur l’échiquier économique mondial. Après une phase de reconstruction, ces deux zones apparaissent comme des acteurs économiques importants. Or, les États-Unis étaient en pleine guerre froide contre l’Union Soviétique. Dès lors, la montée en puissance de deux nouveaux compétiteurs n’était pas forcément dans l’intérêt direct des États-Unis. Ainsi, ce pays a poussé à l’introduction dans la culture de ces pays (et donc de la France) la perte d’intérêt pour les questions liées aux intérêts nationaux de long terme.

Au final, la France est entrée dans une phase de guerre économique sans se doter des outils d’intelligence économique adéquats pour y faire face. »

11. Le gouvernement Jospin (1997-2002) est celui qui a mené le plus de privatisations. Voir par exemple « Le gouvernement Jospin est celui qui a le plus privatisé », blog Les Décodeurs, Lemonde.fr, 16 novembre 2011.

12. Valérie Segond, « Ces entreprises sans drapeau », Lemonde.fr, , 28 avril 2014.

13. Entretien croisé avec la députée de l’Aisne et ancienne directrice de l’ENA Marie-Françoise Bechtel et l’éditorialiste Nicolas Baverez, L’Expansion, décembre 2013/janvier 2014. Selon Madame Bechtel, « [l]a spécificité française tient surtout à la détestation des élites envers la nation. C’est un trait fédérateur très troublant alors que, au Royaume-Uni et au États-Unis, la crème du pays a le patriotisme chevillé au corps.(…) Dans les années 90, elles se sont coulées dans le modèle anglo-saxon dominant, certaines de pouvoir tirer leur épingle du jeu de la mondialisation. Elles ne croient pas en la France. ». Voir également l’interview de Marie-Françoise Bechtel par François Rothé, Marianne.net, janvier 2014.

14. Jean-Marc Leclerc, « Fronde sociale et fiscale : les préfets sonnent l’alarme », Lefigaro.fr, 13 novembre 2013.

15. À ce sujet, voir le documentaire de Gilles Balbastre et de Yannick Kergoat, intitulé Les Nouveaux Chiens de garde et sorti en 2012. Il peut être visionné en intégralité ici : <lien=http: http://www.youtube.com= » &raquo; watch?v= »0FW4Ealqx2Q »> http://www.youtube.com/watch?v=0FW4Ealqx2http://www.youtube.com/watch?v=0FW4Ealqx2Q.

16. Pierre Bourdieu, « L’essence du néolibéralisme », Le Monde Diplomatique, mars 1998 : « Le passage au “libéralisme” s’accomplit de manière insensible, donc imperceptible, comme la dérive des continents, cachant ainsi aux regards ses effets, les plus terribles à long terme. Effets qui se trouvent aussi dissimulés, paradoxalement, par les résistances qu’il suscite, dès maintenant, de la part de ceux qui défendent l’ordre ancien en puisant dans les ressources qu’il recelait, dans les solidarités anciennes, dans les réserves de capital social qui protègent toute une partie de l’ordre social présent de la chute dans l’anomie. »

17. Serge Wolikoff, « L’esprit de la Résistance toujours d’actualité », Le Monde Diplomatique, mars 2004 (accentuation ajoutée) : « Tout comme les systèmes de retraites et les dépenses de santé, l’organisation du travail ne pourrait donner lieu, nous dit-on, qu’à une seule “réforme” possible. Ce discours est actuellement dominant dans l’Europe occidentale du début du XXIe siècle, après plus de cinquante ans de paix et de croissance. Pourtant, dans la France dévastée de l’après-guerre, on a fait d’autres choix en appliquant le programme du Conseil national de la Résistance (CNR) élaboré dans la clandestinité et adopté le 15 mars 1944. Le progrès vers plus de justice sociale ne vaudrait donc qu’en temps de pénurie, tandis que l’abondance de la production justifierait l’extension de l’inégalité à tous les domaines de la société ! »

18. James Bradford DeLong, « Thomas Piketty s’attire les foudres de la droite américaine » Leschos.fr, 2 mai 2014 : « Le livre de Thomas Piketty “Le capital au XXIe siècle” s’est répandu rapidement à travers les États-Unis. Au lieu de produire une critique fondée du livre, beaucoup de critiques conservateurs ont lancé des attaques puériles ad nominem contre son auteur. »

19. Vincent de Gaulejac, « Warren Buffett a-t-il raison quand il affirme que la lutte des classes existe et que ce sont les riches qui sont en train de la gagner ? », Atlantico.fr, 31 décembre 2012 : « Le milliardaire américain Warren Buffett a déclaré il y a quelques années, non sans humour, qu’il existait “bel et bien une guerre des classes mais c’est ma classe, la classe des riches qui fait la guerre et c’est nous qui gagnons”. »

20. Voir Peter Dale Scott, La Machine de guerre américaine (Éditions Demi-Lune, Plogastel-Saint-Germain, 2012), pp.259-75. Voir spécifiquement p.262 : « Ce genre de commentaires agressifs n’est pas spécifique à [Zbigniew] Brzezinski. Son appel à une domination unilatérale fait écho à la publication en 1992 du DPG (Defense Planning Guidance) préparé pour le secrétaire à la Défense Dick Cheney par les néoconservateurs Paul Wolfowitz et Lewis “Scooter” Libby: “Nous devons maintenir les mécanismes permettant de dissuader tout concurrent potentiel ne serait-ce que d’aspirer à un rôle régional ou global plus important.” Ceci est repris aussi bien par l’étude du Projet pour le Nouveau Siècle Américain (PNAC) en 2000, Reconstruire les Défenses de l’Amérique (Rebuilding America’s Defenses), que dans la Stratégie de Sécurité Nationale du tandem Bush-Cheney de septembre 2002 (…). Enfin, il est résumé dans le document stratégique mégalomane du Comité d’États-majors interarmées des États-Unis (JCS) intitulé Joint Vision 2020 : “La domination totale et globale signifie la capacité pour les forces des États-Unis, opérant seules ou avec des alliés, de vaincre n’importe quel adversaire, et de contrôler n’importe quelle situation entrant dans la gamme des opérations militaires.” Une rhétorique (…) vitale, pour ces entreprises qui se sont habituées à engranger les bénéfices de la guerre froide, et qui ont dû faire face aux importantes réductions dans les budgets de la Défense et du renseignement suite à la chute de l’Union soviétique. Ces entreprises sont rejointes par d’autres groupes (…) qui ont également intérêt à préserver l’idéologie de la domination à Washington. Parmi eux se trouvent les nouveaux pourvoyeurs de services militaires privatisés – ou ce que l’on peut appeler la violence entrepreneuriale – créés en réponse à ces coupes dans les budgets de la Défense. »

21. Jürgen Elsässer, Comment le Djihad est arrivé en Europe, préfacé par Jean-Pierre Chevènement (Éditions Xenia, 2006, Vevey). Livre commenté par Annet Sauty de Chalon, « Comment le Djihad est arrivé en Europe / Vers l’Orient compliqué », Lefigaro.fr, 3 novembre 2006 (accentuation ajoutée) : « Une enquête (…) signée Jürgen Elsässer. Depuis dix ans, ce journaliste allemand épie l’activisme islamiste en Bosnie. Dans les années 90, de concert avec l’Iran (!) et au mépris de l’embargo, Washington y a fabriqué un “dortoir pour terroristes”. Jusqu’à Ground Zero et au métro londonien, Elsässer suit pas à pas ces “brigades internationales de la terreur”, dont Ben Laden n’apparaît pas du tout comme le chef d’orchestre. Les États-Unis, estime l’auteur, étaient si bien informés qu’ils pouvaient très bien empêcher la tragédie de Manhattan. Sans oléoducs, pas de djihad, résume Elsässer. Quitte à étourdir le néophyte, la profusion et la précision des faits donnent une cadence et un crédit à cette thèse préfacée par Jean-Pierre Chevènement. »

22. Peter Dale Scott, « La Bosnie, le Kosovo et à présent la Libye : les coûts humains de la collusion perpétuelle entre Washington et les terroristes », Mondialisation.ca, 17 octobre 2011.

23. Ibidem.

24. À l’image de l’Arabie saoudite, cette hydrocarbomonarchie ultralibérale qu’est devenue le Qatar a soutenu massivement les jihadistes en Syrie (« Syrie : le Qatar aurait dépensé 3 milliards de dollars pour armer les rebelles », Latribune.fr, 17 mai 2013. Cependant, bien qu’il est de notoriété publique que la CIA et d’autres services alliés (dont le GID saoudien) arment des rebelles décrits comme « modérés », il n’existe pas de sources officielles ayant révélé un soutien direct des services spéciaux occidentaux en faveur des groupes armés jihadistes en Syrie. Néanmoins, comme l’a récemment déclaré sur Arte le député et ancien juge anti-terroriste Alain Marsaud, il est possible que les services spéciaux français soient impliqués dans le soutien de réseaux jihadistes combattant le gouvernement el-Assad : « Ça veut dire qu’aujourd’hui, nous avons choisi notre camp : le camp anti-Assad. (…) Et (…) il est vraisemblable que nous ne sommes pas très très loin de rencontrer des gens d’al-Nosra – j’espère au moins qu’on les a infiltrés ! J’en suis même sûr d’ailleurs, au demeurant. Donc ça veut dire que finalement nous sommes des alliés [des jihadistes] sur le terrain, nous poursuivons le même but. » (http://www.youtube.com/watch?v=UuGij0TvQsY#t=43). Alain Marsaud a même affirmé sur RTL sa « conviction » que les services spéciaux français avaient soutenu des réseaux jihadistes en Syrie, et que celle-ci était « partagée par beaucoup de gens [,] raison pour laquelle [il avait] demandé (…) la constitution d’une mission d’information, d’une commission d’enquête parlementaire afin de vérifier les conditions dans lesquelles tout ça se passe (…) ». Frédéric Rivière, « Alain Marsaud, député, président du groupe de travail sur la Syrie », Rtl.fr, 24 avril 2014,.

25. Naomi Klein, La stratégie du choc : la montée d’un capitalisme du désastre (Éditions Leméac / Actes Sud), pp.97-159.

26. « Ukraine : les nationalistes de Svoboda inquiètent les juifs et les Russes », Lemonde.fr, 11 novembre 2012 ; Julien Licourt, « Le rôle de l’extrême droite dans la révolte ukrainienne », Lefigaro.fr, 28 janvier 2014, (etc.).

27. Klein, La stratégie du choc.

28. Gayraud, Le nouveau capitalisme criminel.

29. « Le piège de l’austérité », document d’information, Oxfam.org, septembre 2013 : « Les programmes d’austérité ont décimé les mécanismes qui réduisent les inégalités et permettent une croissance équitable. Avec l’augmentation des inégalités et de la pauvreté, l’Europe doit faire face à une décennie perdue. Si les mesures d’austérité se poursuivent en Europe, 15 à 25 millions de personnes supplémentaires pourraient se retrouver en situation de pauvreté d’ici 2025. »

30. Joseph Stiglitz et Linda Bilmes, « Bien trop coûteuse guerre d’Irak », Courrierinternational.com, 9 septembre 2010 (traduction d’un éditorial paru dans le Washington Post) : « Quand les États-Unis ont ouvert les hostilités contre Saddam Hussein, le prix du pétrole n’atteignait pas 25 dollars le baril. Mais avec la guerre les cours ont commencé à s’envoler, et en 2008 le baril valait 140 dollars. Nous pensons que la guerre et son impact sur le Moyen-Orient ont joué un rôle majeur. Non seulement la production irakienne a été stoppée, mais l’instabilité provoquée par la guerre a fait chuter les investissements dans la région. (…) Il est incontestable que la guerre en Irak a considérablement gonflé la dette américaine. C’est la première fois dans l’histoire du pays que le gouvernement a réduit les impôts alors qu’il partait en guerre. Résultat : un conflit entièrement financé par l’emprunt. La dette américaine est passée de 6 400 milliards de dollars en mars 2003 à 10 000 milliards en 2008 (avant la crise financière) : au moins un quart de cet accroissement est directement imputable à la guerre. La crise financière mondiale est elle aussi due, en partie, à la guerre. Avec la hausse des cours pétroliers, les États-Unis ont dû dépenser davantage pour s’approvisionner à l’étranger et c’est autant d’argent qui n’a pas pu être investi dans le pays. De surcroît, les dépenses de guerre étaient moins aptes à stimuler l’économie que d’autres types de dépenses. Le relâchement de la politique monétaire et de la réglementation financière a permis à l’économie de fonctionner jusqu’à l’éclatement de la bulle immobilière qui a provoqué son effondrement. La guerre en Irak n’a pas seulement contribué à la gravité de la crise financière, elle nous a aussi empêchés d’y répondre efficacement. »

31. Afin d’illustrer l’« indépendance » de nos récents ministres de l’Intérieur, remarquons en particulier les liensintimes de Nicolas Sarkozy avec le multimilliardaire canadien Paul Desmarais, figure du Groupe Carlyle : « Arrivé avec la veuve de M. Desmarais, Jacqueline, Nicolas Sarkozy a pour sa part livré un témoignage très personnel. “Paul, je t’aimais, je t’admirais”, a lancé l’ex-président qui avait trouvé refuge chez Paul Desmarais lors de sa traversée du désert après l’élection présidentielle de 1995. ». Cette relation étroite entre l’ancien Président français et Paul Desmarais a-t-elle facilité l’embauche de Pierre-Olivier Sarkozy à la direction du Groupe Carlyle ? Concernant Manuel Valls, malgré ses allégeances sionistes ou atlantistes, il est habituellement décrit comme un homme d’État attaché à la France et à ses valeurs républicaines. Cependant, son attitude fuyante – voire indifférente – dans les dossiers NSA, Alstom et BNP Paribas semblent révélatrices de ses allégeances réelles.

32. Alors qu’il était ministre de l’Intérieur, Manuel Valls s’est fréquemment mis en scène dans sa dénonciation du racisme et de l’antisémitisme. Or, il semble plutôt ouvert au dialogue avec une certaine extrême droite. Durant le « scandale Dieudonné », Manuel Valls a notamment assimilé la critique d’Israël à de l’« antisémitisme », puis il évoqué ouvertement des projets de censure d’Internet au nom de la lutte contre le racisme (mais surtout) l’antisémitisme. Ainsi, entre la décision sans précédent du Conseil d’État à l’égard de Dieudonné – qualifiée de « profonde régression » par Jack Lang –, et les projets gouvernementaux de censure d’Internet, le pouvoir politique a utilisé la lutte légitime contre la haine raciale afin de mettre en œuvre des mesures sécuritaires et liberticides. Voir Thomas Wieder, « Jack Lang sur l’affaire Dieudonné : “La décision du Conseil d’État est une profonde régression” », Lemonde.fr, 13 janvier 2014.

33. Roland Dumas dans l’émission Face aux Français (France 2) : « Il faut qu’on trouve un moyen de les diviser [à droite]. Et le moyen de les diviser ça a été la loi électorale, c’est-à-dire la proportionnelle [, qui a permis au Front National d’accéder à l’Assemblée Nationale] » ; Saïd Mahrane, « Le Pen raconte Mitterrand », Lepoint.fr, 28 avril 2011 : « En 1981, faute d’avoir ses 500 signatures, le président du Front national ne peut être candidat à la présidentielle. Par la suite, Le Pen écrit au chef de l’État, Mitterrand, afin de réclamer un “traitement équitable”. Une aubaine pour le socialiste, qui y voit un moyen de contrer le RPR de Jacques Chirac. Mitterrand prend acte de la requête de Le Pen et le lui fait savoir par courrier. Quelques mois plus tard, la France découvre sur le plateau de TF1, puis d’Antenne 2, deux chaînes de grande écoute, la mèche blonde et les poings rageurs du leader d’extrême droite, pourfendeur – déjà – de l’immigration. Merci qui ? “L’omerta avait été rompue grâce à Mitterrand”, reconnaît le tribun frontiste. » ; Marine Tertrais, « Quel a été le rôle du PS dans la montée du Front national? », entretien avec Philippe Braud, Jolpress.com, 26 novembre 2013 : « En 1985, à la veille des élections législatives, François Mitterrand, sachant qu’il pouvait perdre sa majorité, a tenté une manœuvre de dernière chance : il a fait modifier la loi électorale. Pour la première fois sous la Ve république, les législatives se sont déroulées intégralement au scrutin proportionnel à un seul tour. C’est ainsi que le Front national a pu obtenir 32 sièges. Avec le scrutin majoritaire uninominal à deux tours, le FN n’avait aucune chance. (…) C’était un calcul assez machiavélique qui n’a pas marché. » (etc.).

34. Alexandre Dézé, « La banalisation médiatique du FN », Liberation.fr, 11 février 2013 (accentuation ajoutée) : « De fait, [la] banalisation [du FN] doit être avant tout considérée, pour l’heure, comme le produit d’une construction sondagière et médiatique. Marine Le Pen était à peine élue à la présidence du FN que les responsables d’instituts, relayés par la plupart des commentateurs politiques, célébraient déjà le succès de sa stratégie de dédiabolisation. Dès le mois de mars 2011, Gaël Sliman (de l’institut BVA) pouvait ainsi affirmer : “Le pari de Marine Le Pen de dédiaboliser le FN est atteint” (le Figaro, 28 mars 2011). En janvier 2012, Edouard Lecerf (TNS Sofres) indiquait : “Le terme Front national est en train de se normaliser” ; “L’effet Marine Le Pen se confirme” (le Monde, 12 janvier 2012). Aujourd’hui, cette belle prophétie semble donc se réaliser. On ne saurait cependant oublier que la réalité sondagière et médiatique du FN n’est pas, loin s’en faut, la réalité du FN. »; Arnaud Mercier, « Tous aux abris ! Pourquoi le traitement médiatique d’un FN en tête des Européennes sera bien pire à supporter que les résultats eux-mêmes », Atlantico.fr, 22 mai 2014.

35. « Inégalités : 1% de la population mondiale détient près de la moitié des richesses », Laparisien.fr, 20 janvier 2014 : « “Il est sidérant qu’au XXIème siècle, la moitié de la population mondiale, soit 3,5 milliards de personnes, ne possède pas plus qu’une minuscule élite”, se lamente Winnie Byanyima, la directrice générale d’Oxfam international. À quelques jours du forum de Davos, qui rassemble du 22 au 25 janvier prochains dans la station suisse, les principaux décideurs économiques, l’ONG qui lutte contre les inégalités et la pauvreté, sort un rapport édifiant. Selon ses chiffres, la richesse combinée des 85 personnes les plus riches du monde, qui s’élève à environ 85 trillons d’euros, est égale à celle de la moitié la moins riche de l’humanité. Depuis le début de la crise en 2008, ces inégalités se sont même sensiblement accrues. “Même si la crise a momentanément entamé la part des richesses mondiales détenues par les plus riches, ces derniers se sont depuis largement rattrapés”, explique ce rapport. Les 1% des personnes les plus riches en Chine, au Portugal et aux États-Unis ont plus que doublé leur part de revenus national depuis 1980. L’Europe ne fait pas exception. La fortune combinée des 10 personnes les plus riches d’Europe (217 milliards d’euros) dépasse le coût total des mesures de relance mises en œuvre dans l’Union européenne entre 2008 et 2010 (200 milliards d’euros). (…) Les causes de ce creusement sont nombreuses : la déréglementation financière, les règles et les systèmes facilitant l’évasion fiscale, mais aussi les mesures d’austérité. »

36. Hostiles à l’Union européenne, à la monnaie unique et à l’OTAN, l’ancien haut-fonctionnaire François Asselineau et son parti politique (l’UPR) connaissent un certain essor – notamment grâce à leur activisme sur les réseaux sociaux. Bien que je ne partage pas systématiquement leurs conclusions, leurs analyses sont souvent percutantes, anticonformistes et intéressantes; à ce sujet, voir l’article 63 du Traité sur le Fonctionnement de l’Union Européenne (TFUE), qui proscrit l’interdiction des délocalisations en Europe : « 1. Dans le cadre des dispositions du présent chapitre, toutes les restrictions aux mouvements de capitaux entre les États membres et entre les États membres et les pays tiers sont interdites. (…) » ; Francis Journot, « Rendez-nous notre industrie ! », Marianne.fr, 14 décembre 2011, (etc.).

37. Peter Dale Scott, La Machine de guerre américaine (Éditions Demi-Lune, Plogastel-Saint-Germain, 2012).

38. Hugo Natowicz, « La guerre inconnue », Fr.ria.ru, 7 octobre 2011 (accentuation ajoutée) : « Peu avant sa mort, l’ancien président français François Mitterrand s’est livré à une confession au caractère inhabituel, troublant. Au milieu des entretiens publiés dans le livre de Georges-Marc Benhamou “Le dernier Mitterrand”, l’ex-chef de l’Etat glissait : “La France ne le sait pas, mais nous sommes en guerre avec l’Amérique. Oui, une guerre permanente, une guerre vitale, une guerre économique, une guerre sans mort apparemment. Oui, ils sont très durs les Américains, ils sont voraces, ils veulent un pouvoir sans partage sur le monde. C’est une guerre inconnue, une guerre permanente, sans mort apparemment et pourtant une guerre à mort”. »

39. Daniel Schneidermann, « Les États-Unis contre la BNP : silence politique en France », Arretsurimages.net, 30 mai 2014. Jean-Michel Gradt, « Fabius lie le dossier BNP Paribas au traité UE/USA », Lesechos.fr, 06 juin 2014. Précision importante : la Commission européenne a été mandatée pour négocier le TAFTA avec les États-Unis. Par conséquent, le gouvernement français ne peut suspendre ces négociations, « parce que seule la Commission européenne négocie ce traité. La France pourra donner son avis lors du vote du Conseil européen et, en refusant de signer, compromettre la mise en place du TAFTA. Mais je doute de cette issue, puisque Hollande a dit à plusieurs reprises que ce traité était une bonne chose… » (« Affaire BNP Paribas: “Menacer les Etats-Unis de représailles est ridicule”, entretien avec Michel Crinetz, 20minutes.fr, [accentuation ajoutée], 6 juin 2014.)

40. Diane Jean, Jonathan Parienté et Maxime Vaudano, « BNP : tout comprendre à la menace américaine d’une amende record », Lemonde.fr, 30 mai 2014, accentuation ajoutée. Voir également Régis Bismuth, « BNP Paribas : derrière les 10 milliards, l’extraterritorialité américaine », Liberation.fr, 5 juin 2014.

41. « Iran – Obama menace les entreprises [françaises] qui violeraient les sanctions », Zonebourse.com, 11 février 2014.

42. « Amende record pour BNP Paribas : les Etats-Unis veulent éliminer la concurrence en Iran ? », entretien avec Michel Makinsky, Opinion-internationale.com, 22 mai 2014 : « Je suis un peu surpris de la relative timidité des pouvoirs publics français à cet égard. Si l’on envisage qu’il y ait un accord entre les 5 + 1 (…) et l’Iran, ce qui n’est pas du tout acquis, et que cet accord se traduise par une levée officielle des sanctions, un problème essentiel demeurera entier : les pressions officieuses exercées par le [T]résor américain sur ces banques ne seront pas abandonnées parce qu’elles ne sont pas officielles justement. Il y donc là un véritable souci : en pratique, on peut donc craindre que la levée des sanctions officielles ne soit, de ce fait, d’un effet assez limité, en particulier pour les sociétés françaises qui souhaitent opérer en Iran.

Donc, au-delà de l’affaire BNP Paribas, on aimerait qu’il y ait une attitude de fermeté des autorités françaises puisque les pressions officieuses rendront, en grande partie, inopérante cette levée de sanctions. Les entreprises françaises resteront pénalisées. Les entreprises américaines auront, en revanche, un boulevard. Ce qui bien évidemment est en réalité l’objet de ces sanctions : éliminer de l’accès au marché iranien la concurrence étrangère, notamment française. »

43. Page regroupant les principaux articles de Jean-Claude Paye : http://www.voltairenet.org/article182063.html.

44. Contrairement à ce qu’ont affirmé la majorité des médias francophones, la sous-secrétaire d’État aux affaires européennes et eurasiatiques Victoria Nuland n’a pas dit à son ambassadeur en Ukraine « Que l’UE aille se faire foutre ! ». En réalité, elle a affirmé que la nomination d’un émissaire de l’ONU loyal envers les États-Unis permettrait d’« enculer l’UE » dans la crise ukrainienne – ce qui nous amène à une interprétation fort différente des propos qui lui ont été attribués. Consultez l’intégralité de la conversation interceptée : http://www.voltairenet.org/article182063.html.

45. « Espionnage américain : la Commission européenne classe le dossier Swift », Rtbf.be, 27 novembre 2013. Voir GEAB n°83, note n°2.

46. Benjamin Dormann, « Washington sur Seine ? Ces ministres de François Hollande qui ont été formés par les Américains », Atlantico.fr, 22 mai 2012.

47. Dan Israel, « Péan contre le “journalisme d’investigation”, Arretsurimages.net, 21 septembre 2010 (accentuation ajoutée) : « Comme nous le rappelions (…), Péan et Plenel se sont livrés une guerre féroce lorsque l’enquêteur a publié, avec Philippe Cohen, La Face cachée du Monde en 2003, qui attaquait de front la direction Plenel-Colombani. Certains des chapitres du livre sont étranges, comme celui intitulé “Ils n’aiment pas la France”, reprochant notamment au journal ses enquêtes sur la torture en Algérie, ou celui qui insinue qu’Edwy Plenel serait une taupe de la CIA. »

48. L’atlantisme est à ce point omniprésent dans les médias français qu’il serait particulièrement difficile d’en recenser les symptômes de façon synthétique. Néanmoins, voici un article intéressant sur les réseaux d’influence atlantistes dans les médias français : Denis Boneau, « La face cachée de la Fondation Saint-Simon », Voltairenet.org, 10 février 2004. Concernant les réseaux d’influence néoconservateurs, le lecteur pourra s’intéresser notamment au Cercle de l’Oratoire, dont la revue la revue Le Meilleur des Mondes est un prolongement ; Eric Aeschimann, « Les meilleurs amis de l’Amérique », Liberation.fr, 9 mai 2006 : « Depuis les manifestations contre l’intervention des États-Unis en Irak, des intellectuels français, révoltés par l’antiaméricanisme [sic], ont fondé le Cercle de l’Oratoire. Inspirés par les néoconservateurs et pourfendeurs de l’islamisme radical, ils se réunissent à Paris dans un temple protestant. ».

49. Le grand résistant Stéphane Hessel a été littéralement insulté par de nombreux réseaux d’influence sionistes, dont le CRIF. Le lecteur jugera librement de l’acceptabilité et de l’honnêteté des arguments du président du CRIF, Richard Prasquier. Dans un tel climat, il est particulièrement difficile de critiquer Israël dans les médias français, comme peut notamment en témoigner Pascal Boniface : « À l’origine de la polémique, la publication récente d’un livre de Pascal Boniface (…), qui fait suite à une “note” d’avril 2001. Plus connu comme directeur de l’Institut de relations internationales et stratégiques (Iris), Boniface était alors délégué national du PS pour les questions stratégiques. Un an avant la présidentielle, il s’interroge, dans sa note interne destinée à François Hollande et Henri Nallet, chargé des affaires internationales au PS, sur “l’efficacité électorale” des positions du parti, jugées trop favorables à Israël alors que l’électorat d’origine arabe pèse de plus en plus lourd. “Peut-on diaboliser Haider et traiter normalement Sharon ?” demande-t-il dans ce texte, en mettant sur le même plan le leader de l’extrême droite autrichienne, connu pour ses positions ambiguës sur le nazisme, et un dirigeant israélien. L’ambassadeur de l’État hébreu, Elie Barnavi, s’en mêle, Boniface s’emporte, et la communauté juive s’émeut. Depuis, le directeur de l’Iris est au centre d’une polémique permanente… qu’il n’hésite pas à alimenter. Ainsi, dans le journal suisse le Temps, il propose en 2002 ­ sur le ton de la dérision ­ d’inscrire Israël dans la liste des pays de “l’axe du Mal” ! En janvier 2003, Laurent Fabius et Serge Weinberg, président du directoire de Pinault-Printemps-Redoute, démissionnent du conseil d’administration de l’Iris. En mai, la revue juive l’Arche titre “Est-il permis d’être antisémite ?”, et consacre quatre pages au livre de Boniface… La querelle déborde les milieux juifs ou socialistes : en juin, le professeur Grosser démissionne de l’Express à la suite de la publication par l’hebdo des réactions hostiles provoquées par un de ses articles favorable à Boniface.

Déjeuner “amical”. Au lendemain du congrès de Dijon, réuni mi-mai, le PS se décide donc à trancher. “J’ai estimé, avec François Hollande, que les conditions n’étaient pas réunies pour que son travail continue sereinement”, commente Pierre Moscovici, nouveau secrétaire aux relations internationales. Boniface, “militant utile et actif”, est viré de son poste de délégué national au terme d’un déjeuner “amical”, le 18 juin. “Je ne peux pas laisser dire que la position du PS est pro-israélienne”, se défend Moscovici. » (Jean-Dominique Merchet, « Israël fait claquer la porte du PS », 18 juillet 2003).

50. « Boko Haram, la secte djihadiste préférée des monarchies du Golfe », entretien avec Alain Chouet par Régis Soubrouillard, Marianne.net, 20 mai 2014.

51. Cf. note n°9. Voir également Bob Graham, « Il faut rouvrir l’enquête du 11-Septembre ! », Huffingtonpost.fr, 11 septembre 2012 : « Le temps qui s’est écoulé depuis le 11 septembre 2001 n’a pas diminué la méfiance que beaucoup d’entre nous ressentent à l’égard de la version officielle (…) des attentats, et surtout, la question de qui les a financés et soutenus. (…)

Dès le début de la [commission Graham-Kerrey], l’enquête parlementaire sur le 11-Septembre [coprésidée par le sénateur Graham], il a paru peu plausible que les pirates de l’air (…) aient pu réaliser seuls ce complot abominable. Les investigations ont montré la justesse de ces soupçons, et un chapitre de 28 pages dans le rapport [de cette commission] est consacré aux sources de soutien étranger pour certains de ces terroristes quand ils étaient aux États-Unis. Mais ce chapitre reste censuré, son accès refusé aux Américains.

Hélas, ces 28 pages ne représentent qu’une fraction des preuves de la complicité saoudienne que notre gouvernement continue de cacher au public, sous forme d’un programme de classification tronquée, qui semble surtout faire partie d’un effort systématique pour protéger l’Arabie saoudite de la responsabilité de ses actions. ».

52. Abondamment documentée, la référence suivante suffira à appuyer cette démonstration – Monsieur le Pen ayant été condamné à de nombreuses reprises pour des propos jugés racistes : http://fr.wikipedia.org/wiki/Jean-Marie_Le_Pen#Condamnations_de_ses_propos.

 
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Publié par le 13 juin 2014 dans Uncategorized

 

La Stratégie Bilderberg, ou comment vous faire avaler la Pillule

bilderberg-1Bilderberg. Ce si fameux groupe pour les conspirationnistes, qui nourrit fantasme et réalité de ce que peut représenter de plus anti-démocratique, le comportement des puissants de ce monde.
Pour ceux qui ne connaissent pas, je les invite à fouiller, pour plus d’informations. Le sujet ici n’est pas la forme, mais bel et bien le fond. Comment pourrait-on garder secrètes des réunions bientôt soixantenaires, qui se déroule avec des personnages de notoriété plus que publique ?
Eh bien, on ne peut pas. Aujourd’hui, le double tranchant de Big Brother tranche dans le vif, et la multitude de cameras, le réseau Internet, ne peuvent que faire exploser la retenue des médias alignés; il y a encore cinq années de cela, je comptais sur les doigts d’une main de Mickey Mouse, les articles des médias officiels, qui osaient braver – peut-être parce qu’ils ne les connaissaient pas eux-mêmes avant – le Groupe Bilderberg.
Aujourd’hui, les grands médias commencent à parler. Depuis trois ans, le nombre d’articles augmente. Et je n’aurais eu qu’à m’en réjouir, si je n’avais constaté une chose terriblement étrange: tous ces articles, et ce depuis les tous premiers, n’explique qu’une seule et même chose: des gens très puissants se réunissent en secret dans des hôtels de luxe de pays toujours différents, et débattent… d’on ne sait quoi ! Et tous les ans, le même article, sous diverses bannière.

Alors moi le mouton plus que panaro, je me suis demandé: « Mais bordel, de nos jours, avec les micros parabole espion, les paparazzi experts, le personnel présent sur les lieux, et la foule d’invités aux réunions (eh ouais, c’est plein de guests…), comment rien ne transpire de là, si ce ne sont que des politesses du style « C’était très intéressant, et de mon point de vue, rien n’est anti-démocratique là dedans. » ?
Alors, toujours dans ma logique de trouver des voies au Mal, je me suis dit: « Eh bien, ça doit être maîtrisé tout ça… ». Et en effet, c’est l’impression que j’ai. Cette impression que le secret a été très bien gardé jusque là, et qu’en vérité, tous les yeux de Big Brother n’auraient su révéler ces réunions si l’on avait pas décidé qu’il était temps qu’on les découvre. Rien ne se passe jamais par hasard, d’après moi.

Mais alors pourquoi ? Quel intérêt auraient ces puissants à être « démasqués » ? Car nous nous trouvons bien dans des sphères situées au delà de tout droit, puisque dans les pays démocratiques, qu’on m’arrête si je fais totalement fausse route, des hommes politiques n’ont aucun droit de réunion avec des groupes de patrons ou d’industriels, si le contenu de cette réunion n’est pas rendu public. En fait, il faut voir plus profondément l’évolution du monde. Réfléchissons par exemple à qui appartiennent les grands médias ? Demandons nous si quelqu’un aurait un pouvoir suffisant, politique, économique ou juridique pour faire plier le déroulement de ces réunions à des règles plus conformes à nos « démocraties ».
Je doute que, compte-tenu de la palette de V.I.P. présentes, il est difficile d’imaginer des personnes de pouvoir supérieur. Ceci-dit, pourquoi ne pas rester cacher, pour vivre heureux ? Les puissants laissent filtrer cette information, largement distillée, au point d’en être insipide, aux yeux du grand public – qui, admettons-le, les cherchais déjà, car les articles sur le Bilderberg ne sont encore pas en page 1 de votre quotidien national. Mais ça commence à « fuiter ».
Non. C’est organisé. Orchestré. Pourquoi ? Parce que le monde a beaucoup changé. En effet, les rumeurs ont du naître, et plutôt que de chercher à étouffer la fumée de cet incendie de forêt monumental que sont ces réunions, le groupe B. (petit surnom donné au Bilderbeg) a sans aucun doute décidé de canaliser le phénomène, dans son optique ultime. Canaliser l’information, et, petit à petit, laisser comprendre qu’en effet, lors de ces réunions se décident des grands plans, par les plus puissants. Certes, c’est à n’y rien comprendre. Sauf qu’il faut compter sur ce que sont aujourd’hui les peuples occidentaux principalement. Un grand troupeau éduqué à base de civisme et de contrat social, qui absorbe ce qu’on lui dit comme une éponge assoiffée.

Nous tous sommes bercés de messages. Lorsqu’un message nous parvient, encore un, celui-ci n’est pas vraiment analysé. On l’absorbe, on pense le laisser ressortir par l’autre oreille, mais en fait, il reste là, quelque part. Année après année, le groupe B. s’installe dans nos actualités des avant dernières pages. Puis je n’ai aucun doute sur le fait que, d’ici les dix prochaines années, nous aurons des quatrièmes de couverture qui en parlerons. Peut-être un peu plus de détails, et le tout, certainement « people-isé », comme on le fait de plus en plus en politique. Petit à petit, l’acte anti-démocratique par excellence, deviendra la coutume. Et là dedans, quelle révolte ? Quelle prise de conscience ? Aucune. Car on nous amène cela, petit à petit.
J’ai souvent l’impression que la stratégie du choc existe tout aussi bien sous la forme d’une stratégie de la léthargie. On vous fait prendre l’habitude, et patiemment, on vous conditionne à plusieurs états de fait, en ce qui concerne ce fameux groupe:
– La réunion se tient tous les ans
– Le groupe émet depuis quelques temps, un rapport « officiel » d’un creux digne des abysses océaniques
– Le groupe laisse depuis cette année, 2013, les manifestants s’approcher

Petit à petit, l’oiseau fait son nid, et le fleuve creuse son lit. Lorsque nous aurons les informations via les médias officiels, on finira par être rassuré. On nous expliquera que ce n’est pas si grave finalement. Et on légitimera à nos yeux ce que nos démocraties n’ont pas légitimé par le droit. Peu importe la légalité des choses; tant que l’on ne vous poursuit pas, quel risque ? Cela me rappelle ce que mon prof. de Maths à la fac me disait: « Tricher n’est pas interdit, c’est se faire attraper qui l’est. » Absurde, non ? Et pourtant, cela démontre la vérité; pas vu, pas pris… Et le meilleur moyen de ne pas être vu, c’est d’aveugler le peuple avec de grands spots lumineux, drapés dans un tissu de mensonges.

Et sans transition, j’irai à la conclusion. Quand, dans quelques années, tous auront été bercés de messages rassurants, renforçant le pouvoir déjà acquis par l’argent et les ficelles relationnelles de ces puissants, qui sera là pour contester ? Alors l’embryon d’une gouvernance mondiale pourra grandir et prospérer dans l’utérus de notre société corrompue, et handicapée par sa soif d’avoir plus que d’être; et quand naîtra « officiellement » ce gouvernement mondial, la nouvelle ère débutera. Furent les chefs de clans; furent les Seigneurs de Guerre; furent les rois; furent les empires; furent les Etats; seront les… Entreprises.
Car depuis la Révolution Française – que dis-je, même un peu avant, chez nos amis d’outre-Atlantique – la machine de pouvoir monétaire a totalement glissé entre les mains de la noblesse à celles des grands entrepreneurs. Les bourgeois, les appelait-on. Aujourd’hui, les Entreprises sont multinationales, possèdent plus de budgets que certains états, et emploient une part de la population toujours grandissante. Demain, quand ces structures nouvelles seront toutes dotées d’une armée, les guerres débuteront dans notre plus grand désarroi: « What the fuck ??! ». Et nous assisterons à ce à quoi nos ancêtres furent spectateurs: des guerres de pouvoir. Mais au lieu d’être entre des royaumes, pour des territoires, ce sera entre les Entreprises, pour de l’argent, et toujours plus de pouvoir.
CQFD: Si cette transformation du monde se fait alors qu’en parallèle les puissants propriétaires des Entreprises se mettent d’accord, dans des réunions préalables… et que ces guerres ne sont là que pour nous faire espérer que, malgré la mort, un équilibre perdure… alors qui gouvernera vraiment le monde, derrière le rideau du grand hôtel Bilderberg ?

 
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Publié par le 11 juin 2013 dans Uncategorized

 

De l’inopportunité d’être bon ET populaire

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Yitzhak Rabin

Le 4 novembre 1995, Yitzhak Rabin, âgé de 73 ans, est touché par deux balles tirées à bout portant dans son dos. Ce crime intervient après qu’il eut prononcé un discours lors d’une manifestation pour la paix sur la place des rois de Tel Aviv. Mortellement blessé, Rabin meurt sur la table d’opération de l’hôpital Ichilov de Tel Aviv quelques heures plus tard. Son assassin est Ygal Amir, un juif israélien étudiant en droit et opposé aux accords d’Oslo, conclus en 1993 avec les Palestiniens. Il existe de nombreuses théories de complots autour des circonstances de son assassinat (son meurtre a été filmé par Roni Kempler, un photographe amateur, puis diffusé à la télévision israélienne). La date de cet assassinat est commémorée sur la place où il fut tué et qui porte désormais son nom, tout comme un grand nombre de rues et d’associations israéliennes.

Le processus de paix israélo-palestinien a été grandement freiné à la suite de l’assassinat de Rabin. Ce meurtre eut également pour conséquence un élargissement de la fracture dans la société israélienne entre les religieux et les laïcs.

John Lennon

Le 8 décembre 1980, à 22 h 52, après une soirée de travail en studio et alors qu’il rejoint son appartement du Dakota Building, à côté de Central Park, Lennon reçoit quatre balles de revolver tirées par un déséquilibré (Mark David Chapman), sous les yeux de son épouse. Emmené à l’hôpital Roosevelt en urgence, il est déclaré mort à 23 h 7, quinze minutes après les coups de feu. Le lendemain, Yoko annonce : « Il n’y aura pas de cérémonie pour John. John aimait et priait pour l’humanité. S’il vous plaît, faites de même pour lui. Merci. Yoko et Seans ». Son corps est incinéré et ses cendres remises à Yokos.

L’assassin, Mark Chapman, plaide coupable et écope d’une peine de prison à perpétuité, avec quinze ans incompressibles. Sa libération conditionnelle est refusée à sept reprises. Le comité chargé de juger sa dernière demande de sortie déclare : « Cet acte prémédité, insensé, égoïste et aux conséquences tragiques, mène à la conclusion que [sa] libération demeure incompatible avec la sécurité de la communauté ». Les raisons de ce meurtre demeurent floues. Certains y voient le sentiment de trahison qu’aurait éprouvé Chapman, accusant l’idole de ne pas avoir tenu les promesses de paix et d’égalité des richesses qu’il communiquait dans ses chansons. D’autres y voient une « réponse » à sa phrase médiatique affirmant que la popularité des Beatles dépassait en Angleterre celle de Jésus. Et d’aucuns ne voient pour cause qu’une bavure commise par un élément incontrôlé ayant été manipulé par des services secrets.

Coluche

Accompagné de deux de ses amis, le 19 juin 1986, sur le trajet à moto (Moto Honda 1100 VFC) entre Cannes qu’il quitte à 16 h 15 pour rentrer à Opio, Coluche trouve la mort à 16 h 35, à moins de quatre kilomètres de la villa qu’il a louée et qu’il doit quitter d’après Philippe Boggio, le lendemain, 20 juin 1986. Conformément aux résultats de l’enquête de gendarmerie et contrairement aux déclarations officielles du chauffeur du poids-lourd à l’origine de l’accident, si Coluche ne porte pas de casque (accroché au guidon) durant ce trajet, il roule à vitesse modérée ; soit, selon l’expertise, à environ 60 km/h au lieu des 90 km/h autorisés. Le camion lui coupe brusquement la route en effectuant une manœuvre (virage sec à gauche), sur la route de Grasse, Départementale 3 entre Valbonne et Chateauneuf-Grasse. Le drame survient en fin de ligne droite, au croisement route de Cannes et chemin du Piol à Opio. L’accident se déroule durant environ cinq minutes, de 16 h 30 à 16 h 35, heure de la mort selon l’Agence France Presse, sur une distance d’environ trois cents mètres. Pourtant motard expérimenté, l’humoriste ne peut rien faire, sinon braquer le guidon de sa moto pour l’éviter, espérant passer sous le camion mais il ne réussit pas cette manœuvre. Sa tête percute l’avant droit du véhicule, au niveau du phare. Le choc violent lui est fatal.

Les circonstances entourant cet accident entraîneront plusieurs rumeurs et même la thèse d’un assassinat. Un ouvrage, publié en 2006, permet d’aborder les conditions dans lesquelles l’intervention de la gendarmerie locale et l’enquête policière ont été menées en 1986 : Coluche, l’accident de Jean Depusse et Antoine Casubolo.

Gandhi

Le 30 janvier 1948, en chemin vers une réunion de prière, Gandhi est abattu par balles près de Birla House, à New Delhi, par Nathuram Godse, un hindou nationaliste qui a des liens avec le groupe fascisant Hindu Mahasabha. Godse tenait Gandhi pour responsable de la partition de l’Inde et par là de son affaiblissement.

Jawaharlal Nehru s’adresse en ces termes à la nation à la radio :

« Amis et camarades, la lumière a quitté nos vies, l’obscurité est partout, et je ne sais pas trop quoi vous dire et comment vous le raconter. Notre dirigeant bien aimé, Bapu comme nous l’appelions, le père de la nation, n’est plus. Peut être ai-je tort de dire cela ; néanmoins, nous ne le verrons plus comme nous l’avons vu toutes ces années, nous ne pourrons plus lui demander conseil ou consolation, et c’est un coup terrible, pas seulement pour moi, mais pour des millions et des millions dans ce pays. »

Selon sa volonté, la plupart de ses cendres furent dispersées dans plusieurs grands fleuves du monde tels que le Nil, la Volga et la Tamise. Deux millions d’Indiens assistèrent à ses funérailles.

Le mémorial de Gandhi (ou Samādhi) à Rāj Ghāt à New Delhi, porte l’épitaphe (Devanagari: हे ! राम ou, Hé Rām), qui peut être traduit par « Oh Dieu ». Il est largement accepté que ce furent les derniers mots de Gandhi, bien que certains le contestent.

Godse et son complice Narayan Apte sont jugés et condamnés à mort, puis exécutés le 15 novembre 1949.

Balavoine

Présent lors du Paris-Dakar 1986 en tant qu’ambassadeur de l’action humanitaire des Paris du Cœur, Daniel Balavoine est tué dans le crash d’un hélicoptère (Eurocopter AS350 écureuil) qui l’emmenait de Gao (Mali) au bivouac de Gourma-Rharous (Mali) le soir du 14 janvier 1986. Les quatre personnes qui étaient avec lui dans l’hélicoptère sont également tuées : le pilote de l’hélicoptère François-Xavier Bagnoud, l’organisateur du rallye Thierry Sabine, la journaliste du Journal du dimanche Nathalie Odent et le technicien radio Jean-Paul Le Fur. En France, la catastrophe n’est connue que le lendemain dans la matinée.

La version la plus communément admise veut que cet accident soit dû aux conditions météorologiques difficiles. L’appareil, désorienté par un vent de sable et par la nuit, aurait raclé le sommet d’une dune ou d’un arbre (présent au même endroit) avant de se désintégrer sur une centaine de mètres.

Une polémique autour de cet accident subsiste. Vingt-deux kilomètres avant destination, on sait[Qui ?] que le pilote avait décidé de poser l’hélicoptère (non-équipé pour voler de nuit) par mesure de sécurité. Déclarant patienter et attendre de l’aide, Thierry Sabine n’hésitera pas à contrarier la logistique de course en exigeant qu’un pick-up rebrousse chemin et vienne les chercher. Mais sans en avertir quiconque, faisant fi du danger et d’un bon-sens certain, l’appareil redécollera pour des raisons inconnues prenant en chasse un véhicule de course dans le seul but de s’orienter grâce à ses feux arrières. Un choix fatal qui les conduira au crash treize kilomètres plus loin, à seulement cinq minutes de vol du bivouac. Cette attitude résiste à presque tout fondement rationnel. Seule une blessure grave (Morsure de serpent, piqûre de scorpion ou tout autre traumatisme ?) nécessitant une arrivée rapide (des gazes auraient été découvertes à l’endroit de leur arrêt) peut expliquer une telle décision…

Le corps de Daniel Balavoine est, dans les jours qui suivent, rapatrié en France pour y être inhumé. Il repose désormais au cimetière de Ranquine à Biarritz, dans le département des Pyrénées-Atlantiques.

John Fitzgerald Kennedy

Le 22 novembre 1963, lors d’une visite pré-électorale de John F. Kennedy à Dallas, le cortège présidentiel traverse la ville à petite vitesse, salué par la foule amassée. Alors que la limousine décapotée du président passe sur Dealey Plaza, des coups de feu éclatent. Le président est d’abord blessé au cou, tandis que le gouverneur Connally, assis devant lui, est blessé à la poitrine, puis une balle atteint le président à la tête puis ressort de la tempe droite. Aussitôt transporté au Parkland Hospital, le président est déclaré mort après une demi-heure de vains efforts de réanimation. Le monde est consterné en apprenant la nouvelle.

Selon les enquêtes officielles, Lee Harvey Oswald a assassiné le président, quoique la seconde enquête (celle du HSCA) ait estimé qu’il y avait eu conspiration. Selon certains témoignages, Mac Wallace serait l’un des assassins de John F. Kennedy qui l’a avoué a certaines personnes.

La garde d’honneur se prépare à plier le drapeau au-dessus cercueil de John F. Kennedy, au cimetière national d’Arlington, le 25 novembre 1963.

Le président Kennedy repose au cimetière national d’Arlington, près de Washington.

Henri IV

La fin du règne de Henri IV est marquée par les tensions avec les Habsbourg et la reprise de la guerre contre l’Espagne. Henri IV intervient dans la querelle qui oppose l’empereur de confession catholique aux princes allemands protestants qu’il soutient, dans la succession de Clèves et de Juliers. La fuite du prince de Condé en 1609 à la cour de l’infante Isabelle ravive les tensions entre Paris et Bruxelles. Henri IV estime son armée prête à reprendre le conflit qui s’était arrêté dix ans plus tôt.

Le déclenchement d’une guerre européenne ne plaît ni au pape, soucieux de la paix entre princes chrétiens, ni aux sujets français, inquiets de leur tranquillité. Ne pouvant accepter une alliance avec des princes protestants contre un souverain catholique, des prêtres ravivent par leurs sermons les esprits échauffés des anciens Ligueurs. Le roi voit également un parti qui s’oppose à sa politique au sein même de l’entourage de la reine. Le roi est dans une position fragile qui n’est pas seulement le fait des catholiques, puisque les protestants cherchent à maintenir en dépit de l’édit de Nantes leurs privilèges politiques.

Tout en préparant la guerre, on s’apprête au couronnement officiel de la reine à Saint-Denis qui se déroule le 13 mai 1610. Le lendemain, Henri IV meurt assassiné par François Ravaillac, un catholique fanatique, dans la rue de la Ferronnerie à Paris. L’enquête conclura à l’action isolée d’un déséquilibré. Henri IV est enterré à la basilique Saint-Denis le 1er juillet 1610, à l’issue de plusieurs semaines de cérémonies funèbres. Son fils aîné Louis (Louis XIII), âgé de neuf ans, lui succède, sous la régence de sa mère la reine Marie de Médicis.

Pierre Bérégovoy

Un mois après avoir quitté Matignon, Pierre Bérégovoy est découvert inanimé près de Nevers, le 1er mai 1993, sur la berge du canal de la Jonction. L’enquête déterminera qu’il s’est suicidé.

Retrouvé gravement blessé en fin d’après-midi le 1er mai 1993, il a été victime d’un traumatisme crânien causé par un tir de revolver. Les pompiers de Nevers, prévenus par téléphone à 18 h 18, arrivent sur place vers 18 h 22. D’abord transporté à l’hôpital de Nevers, il décède dans l’hélicoptère chargé de l’emmener à l’hôpital du Val-de-Grâce.

Ses obsèques ont lieu quelques jours plus tard à Nevers, en présence du président de la République et d’autres personnalités politiques françaisesPresse 3. Il est enterré à Nevers.

Les circonstances politiques et factuelles de la disparition de l’ancien Premier ministre aiguisent l’intérêt et l’imagination.

En 1999, prenant appui sur ce cas et celui de Robert Boulin, Hamedi Karine publie sa thèse de science politique montrant que, d’une façon générale, le suicide d’un homme politique arrange tout le mondeLivre 2. En 2002, bien que la hiérarchie des Renseignements généraux déclare officiellement ne pas la tenir pour crédible, le quotidien Le Parisien fait état d’une note interne de ce service concluant à l’assassinat. Signée par Didier Rouch, cette note de 27 pages, intitulée « L’étrange suicide », résume une contre-enquête réalisée sous la responsabilité de l’ex-commissaire des Renseignements généraux de la Nièvre de l’époque, Hubert Marty-Vrayance. Ce dernier affirmera avoir travaillé pour le compte du directeur des RG, Yves Bertrand, qui lui aurait demandé de creuser la piste du meurtre, en parlant notamment d’un « commando » chargé de surveiller Bérégovoy. Bertrand a catégoriquement nié cette version des faits. Selon ce rapport, Pierre Bérégovoy aurait été abattu par des hommes-grenouille. L’argument le plus probant concerne le calibre de la balle tueuse qui serait différent de celui de l’arme de service supposée avoir été utilisée par Pierre Bérégovoy.

Successivement, en 2003, puis en 2008, deux journalistes, Dominique Labarrière et Éric Raynaud, après enquêtes, signent chacun un livre dans lequel ils prennent parti pour la thèse de l’assassinat, affirmant que Bérégovoy aurait menacé de révéler des informations explosives.

Cependant, un documentaire présenté par Laurent Delahousse, diffusé sur France 2 en avril 2008, a rejeté cette hypothèse en prétendant lever les principales zones d’ombre sur lesquelles elle se fondait. Le documentaire apporte une explication aux deux coups de feu entendus par certains témoins : le premier aurait été un coup d’essai tiré par Pierre Bérégovoy lui-même, de manière à s’assurer du fonctionnement de l’arme dont il n’avait pas l’habitude ; il révèle également que Didier Boulaud (directeur de cabinet de Pierre Bérégovoy à l’époque) a subtilisé le répertoire de l’ancien premier ministre, du fait qu’il contenait des informations personnelles qu’il aurait été fâcheux de montrer à sa femme. Il accrédite finalement le fait qu’une autopsie et une analyse balistique comparative ont bien été pratiquées contrairement à certaines affirmations. Enfin, le documentaire atteste que dans les semaines qui précèdent, Pierre Bérégovoy aurait dit à son directeur de cabinet penser à imiter Roger Salengro (qui s’est suicidé parce qu’il était calomnié) et il semble avéré qu’il était traité pour un état fortement dépressif qui avait alerté ses proches. Confirmation est toutefois apportée par son épouse Gilberte qu’il ne lui a pas laissé de lettre d’adieu.

Par ailleurs, le journaliste du Monde, Jacques Follorou, rapporte dans son livre, publié également en avril 2008, les confidences de l’ancien gendre de Pierre Bérégovoy, l’avocat Vincent Sol, concernant deux lettres que Pierre Bérégovoy lui aurait remises en main propre quelques semaines avant sa mort, dont celle, qui lui était destinée, lui demandant de s’occuper de la famille après sa mort.

Dans la même optique, l’enquête de Benoît Collombat, diffusée en mai 2008 sur France Inter, a apporté les précisions de témoins qui n’avaient pas encore parlé : le responsable des pompiers de Nevers, le lieutenant-colonel Daniel Saksik, et le docteur Alain Chantegret, responsable du SAMU de la Nièvre, premiers sur les lieux, confirment le suicide.

Un documentaire réalisé par Francis Gillery et diffusé sur France 3 simultanément en mai 2008, présente néanmoins certains éléments perturbants qui laissent persister le doute : rétractation ou refus de parler de certains témoins, déclarations invraisemblables du garde du corps et du chauffeur, impossibilité d’accès aux scanners effectués à l’hôpital, impossibilité d’accès à l’autopsie, police scientifique et technique écartée, aveux de gendarmes reconnaissant que l’enquête était de pure forme, cliché photographique démentant formellement la balistique officielle (orifice de sortie beaucoup trop petit, indication d’un deuxième trou se situant sur le dessus du crane, la taille des orifices (de sortie et au dessus de son crane) ne sont pas compatible avec un trou de calibre 38 Web 3), apparition en 2007 de deux témoins de la scène relatant la présence sur les lieux de deux personnes manifestement militaires et d’une femme 7 bloquant l’accès à la zone au moment même des coups de feu, etc.. Au cours du débat ayant suivi cette diffusion, un ami intime de l’ancien Premier ministre, le journaliste Gérard Carreyrou, par ailleurs convaincu du suicide, s’étonne lui-même que pour faire taire la polémique, les autorités n’aient toujours pas publié les résultats de l’autopsie et de l’étude balistique.

Le lieu sur lequel est retrouvé gisant Pierre Bérégovoy est situé sur les bords du canal de la Nièvre. Une plaque commémorative y a été édifiée à la demande de Gilberte Bérégovoy.

Martin Luther King

Fin mars 1968, Martin Luther King se déplace à Memphis (Tennessee) pour soutenir les éboueurs noirs locaux qui sont en grève depuis le 12 mars afin d’obtenir un meilleur salaire et un meilleur traitement. Les Afro-Américains étaient payés 1,70 dollar de l’heure et n’étaient pas payés quand ils ne pouvaient pas travailler pour raison climatique, contrairement aux travailleurs blancs. Des violences éclatent autour des marches pacifiques, un jeune Afro-Américain est tué.

Le balcon du Lorraine Motel où a été assassiné Martin Luther King. Le bâtiment abrite désormais le musée national des droits civiques.

Le 3 avril, au Mason Temple (Church of God in Christ, Inc. – siège mondial), Martin Luther fait le discours prophétique « I’ve Been to the Mountaintop » (« J’ai été au sommet de la montagne ») devant une foule euphorique :

« Ce n’est pas vraiment important ce qui arrive maintenant… Certains ont commencé à […] parler des menaces qui se profilaient. Qu’est-ce qui pourrait m’arriver de la part d’un de nos frères blancs malades… Comme tout le monde, j’aimerais vivre une longue vie. La longévité est importante mais je ne suis pas concerné par ça maintenant. Je veux juste accomplir la volonté de Dieu. Et il m’a autorisé à grimper sur la montagne ! Et j’ai regardé autour de moi, et j’ai vu la terre promise. Je n’irai peut-être pas là-bas avec vous. Mais je veux que vous sachiez ce soir, que nous, comme peuple, atteindrons la terre promise. Et je suis si heureux ce soir. Je n’ai aucune crainte. Je n’ai peur d’aucun homme. Mes yeux ont vu la gloire de la venue du seigneur ! »

Le 4 avril 1968 à 18 h 01, Martin Luther King est assassiné par un ségrégationniste blanc sur le balcon du Lorraine Motel à Memphis dans le Tennessee. Ses dernières paroles sont au musicien Ben Branch qui devait se produire ce soir-là lors d’une réunion publique à laquelle assistait Martin Luther :

« Ben, prévois de jouer Precious Lord, Take My Hand (Seigneur, prends ma main) à la réunion de ce soir. Joue-le de la plus belle manière. »

Ses amis à l’intérieur de la chambre du motel entendent des coups de feu et courent sur le balcon pour trouver Martin Luther King abattu d’une balle dans la gorge. Il est déclaré mort au St. Joseph’s Hospital à 19 h 05. L’assassinat provoque une vague d’émeutes raciales dans 60 villes des États-Unis (125 au total) qui fait de nombreux morts et nécessite l’intervention de la garde nationale.

Cinq jours plus tard, le président Johnson déclare un jour de deuil national (le premier pour un Afro-Américain) en l’honneur de Martin Luther King. 300 000 personnes assistent à ses funérailles le même jour, ainsi que le vice-président Hubert Humphrey (Johnson était à une réunion sur le Viêt Nam à Camp David et il y avait des craintes que la présence du président provoque des manifestations des pacifistes). Des émeutes de colère éclatent dans plus de 100 villes faisant 46 victimes.

À la demande de sa veuve, Martin Luther fit sa propre oraison funèbre avec son dernier sermon « Drum Major » enregistré à l’Ebenezer Baptist Church. Dans ce sermon, il demande qu’à ses funérailles aucune mention de ses honneurs ne soit faite, mais qu’il soit dit qu’il avait essayé de « nourrir les affamés », « habiller les nus », « être droit sur la question du Viêt Nam » et « aimer et servir l’humanité ». À sa demande, son amie Mahalia Jackson chante son hymne favori, Take My Hand, Precious Lord.

La ville de Memphis négocie la fin de la grève d’une manière favorable aux éboueurs après l’assassinat.

D’après le biographe Taylor Branch, l’autopsie de King révéla que bien qu’il ait seulement 39 ans, son cœur paraissait celui d’un homme âgé de 60 ans, montrant physiquement l’effet du stress de 13 ans dans le mouvement des droits civiques. Entre 1957 et 1968, King avait voyagé sur plus de 9,6 millions de kilomètres, parlé en public plus de 2 500 fois, été arrêté par la police plus de vingt fois et agressé physiquement au moins quatre fois.

Enquêtes et développements récents

Deux mois après la mort de Martin Luther King, James Earl Ray, un évadé, est capturé à l’aéroport de Londres Heathrow alors qu’il essayait de quitter le Royaume-Uni avec un faux passeport canadien au nom de Ramon George Sneyd. Ray est très vite extradé au Tennessee et accusé du meurtre de Martin Luther King, ayant avoué l’assassinat le 10 mars 1969, avant de se rétracter trois jours après. Sur le conseil de son avocat Percy Foreman, Ray choisit de plaider coupable afin d’éviter la peine de mort. Il est condamné à 99 ans de prison.

Tombe de Martin Luther King au Martin Luther King, Jr. National Historic Site à Atlanta sur laquelle on peut lire « Free at last » (Enfin libre).

Ray renvoie son avocat, clamant que les coupables du meurtre sont un certain « Raoul » et son frère Johnny qu’il a rencontré à Montréal au Canada. Il raconte de plus qu’« il n’avait pas tiré personnellement sur King » mais qu’il pouvait « être partiellement responsable sans le savoir », indiquant une piste de conspiration. Il passe alors le reste de sa vie à tenter vainement de faire rouvrir son procès sur la base de sa non-culpabilité.

Le 10 juin 1977, peu après avoir témoigné devant une commission du congrès sur les assassinats qu’il n’avait pas tué Martin Luther, il s’évade avec six autres condamnés du pénitencier de Brushy Mountain au Tennessee. Il est repris le 13 juin et retourne en prison.

En 1997, Dexter Scott King, le fils de Martin Luther King, rencontre Ray et soutient publiquement les efforts de Ray pour obtenir un nouveau jugement.

En 1999, un an après la mort de Ray, Coretta Scott King, veuve de Martin Luther et dirigeante des droits civiques elle aussi, et le reste de la famille King gagnent un procès civil contre Loyd Jowers (propriétaire d’un restaurant non loin du Motel) et « d’autres conspirateurs ». En décembre 1993, Jowers était apparu dans le Prime Time Live de ABC News et avait révélé des détails d’une conspiration impliquant la mafia et le gouvernement pour tuer Martin Luther. Jowers raconte lors du procès avoir reçu 100 000 dollars pour organiser l’assassinat de Martin Luther King. Le jury de six noirs et six blancs juge Jowers coupable et mentionne que « des agences fédérales étaient associées » au complot de l’assassinat. William F. Pepper, ancien avocat de Ray, représente la famille de King lors du procès et produit 70 témoins. À l’issue de celui-ci, la famille de Martin Luther King ne croit pas que Ray ait quelque chose à voir avec l’assassinat.

En 2000, le Département de la Justice des États-Unis termine une enquête sur les révélations de Jowers, mais ne trouve aucune preuve qui pourrait démontrer une conspiration. Le rapport d’enquête recommande qu’il n’y ait aucune nouvelle recherche tant que de nouveaux faits fiables ne seraient pas présentés.

Allégations de conspiration

Certains spéculent que Ray n’était qu’un pion, de la même façon que l’assassin présumé de John F. Kennedy, Lee Harvey Oswald était supposé l’avoir été (voir Assassinat de John F. Kennedy). Les preuves avancées par ses partisans sont :

•La confession de Ray a été obtenue sous la pression, et il a été menacé de peine de mort.

•Ray était un petit voleur et cambrioleur, il n’avait aucun casier judiciaire mentionnant un crime violent avec détention d’arme.

•Deux tests balistiques conduits sur l’arme du crime, une Remington Gamemaster, n’ont jamais prouvé que Ray avait été l’assassin ni que cette arme était vraiment celle qui avait servi au meurtre.

•Des témoins du meurtre de King disent que le coup de feu ne provenait pas de la pension mentionnée par l’enquête, mais d’un buisson à côté d’elle. Un buisson enlevé quelques jours après l’assassinat.

Le 6 avril 2002, le New York Times rapporta qu’un pasteur, le révérend Ronald Denton Wilson, déclarait que c’était son père Henry Clay Wilson qui avait assassiné Martin Luther King, Jr., et non James Earl Ray. Il dit que ses motifs n’étaient pas racistes mais politiques, pensant que King était communiste.

En 2004, Jesse Jackson, qui était avec King au moment de son assassinat, nota :

« Le fait est qu’il y avait des saboteurs pour perturber la marche. À l’intérieur de notre propre organisation, on a découvert qu’une personne très importante était payée par le gouvernement. Donc infiltration à l’intérieur, saboteurs à l’extérieur et attaques de la presse. […] Je ne croirai jamais que James Earl Ray avait le motif, l’argent et la mobilité pour avoir fait cela lui-même. Notre gouvernement a été très impliqué à préparer le terrain et je pense l’itinéraire de fuite de James Earl Ray. »

Un ami et collègue de King, James Bevel, résume plus abruptement :

« Il n’y a aucun moyen qu’un garçon blanc à 10 cents puisse élaborer un plan pour tuer un homme noir à 10 millions de dollars. »

Les biographes David Garrow et Gerald Posner s’opposent au contraire aux conclusions de William F. Pepper qui a amené le jugement de 1999 accusant le gouvernement d’implication dans le meurtre de Martin Luther King, Jr.

Malcolm X

La tension entre Malik El-Shabazz et Nation of Islam ne cesse alors de croître. Le 14 février 1965, sa maison fait l’objet d’un attentat à la bombe.

Deux mois avant son assassinat, Louis Farrakhan a écrit « un tel homme est digne de mourir » .

Le 21 février 1965, Malcolm X prononce un discours dans le quartier de Harlem, à New York, devant un auditoire de quatre-cents personnes, dont son épouse et ses enfants. Le discours commence à peine lorsqu’une dispute éclate dans la foule, un homme en accuse un autre d’avoir les mains dans ses poches. Malcolm X, au micro, les appelle au calme lorsqu’un membre des Black Muslims s’avance vers lui avec un fusil à canon scié ; touché au ventre, Malcolm X tombe en arrière, tandis que deux autres personnes lui tirent seize fois dessus avec des revolvers. Malcolm X est emmené à l’hôpital le plus proche, mais les policiers empêchent son hospitalisation[réf. nécessaire]. Le temps de le transporter vers un second hôpital lui est fatal. L’identité des commanditaires reste inconnue, bien que les soupçons se portent principalement sur Nation of Islam, infiltrée par plusieurs agents du FBI lorsqu’ils ont appris l’existence d’un projet d’assassinat de Malcolm X[réf. nécessaire].

Trois membres de Nation of Islam seront reconnus coupables en 1966 : Norman 3X Butler, Thomas 15X Johnson et Talmadge Hayer. L’organisation elle-même niera toute participation à l’assassinat. « Betty Shabazz [l’épouse de Malcolm X], qui est morte en 1997, a publiquement accusé Farrakhan d’un rôle dans le meurtre ». Celui-ci a admis au début 2007 : « j’ai pu être complice en paroles », tout en niant une implication directe de l’organisation. En 1994, Qubilah Shabazz, une des filles de Malcolm X, est arrêtée et inculpée pour avoir payé un tueur à gage chargé de tuer Farrakhan, accusation abandonnée en 1995. Il a également été envisagé que le FBI ait eu connaissance du projet d’assassinat et l’ait couvert, voire aidé. Cette hypothèse a été reprise par la NOI. En mourant, ses idées ne disparaissent pas avec lui. Elles furent reprises par des groupes (Black Panthers), des populations (Soweto), des pays (le Burkina Faso de Thomas Sankara) soucieux de plus d’équité et de justice sociales. Plus qu’un défenseur des droits civiques, Malcolm était un défenseur des droits humains, qu’il déclare défendre « par tous les moyens nécessaires ». C’était un révolutionnaire qui s’inscrivait comme Ernesto « Che » Guevara (qu’il a rencontré, respecté et qualifié « du plus grand révolutionnaire qui soit »), dans la lutte contre un système impérialiste (cf discours : « Montrez moi le capitaliste, je vous montrerai le vautour »). Par sa verve et son talent oratoire mais aussi par l’action civique (campagne pour l’inscription des Afro-Américains aux listes électorales), il participa grandement à l’amélioration de la condition des « Noirs d’Amérique ». Conscient de l’image que ses détracteurs voulaient laisser de lui, il prédit dans son autobiographie :  » Après ma mort, ils feront de moi un raciste, quelqu’un de colérique qui inspire la peur… Je ne suis pas raciste. Je ne crois en aucune forme de ségrégation. Le concept du racisme m’est étranger. Je n’apprécie pas tous ces mots en « ism(e) » ».

NDA: Ces textes sont issus de Wikipedia, simplement.

Conclusion:

Il ne fait pas bon, en ce monde, être bon ET populaire.

Vraisemblablement, les personnes cherchant à apporter la paix, et/ou la justice, et/ou l’équité en ce monde sont fortuitement réduites au silence. Même si ces martyres portent avec leur souvenir, des messages forts, l’activisme qui les entoure, les idéaux, les espoirs, semblent se fragmenter, disparaître. Au mieux, ces idées perdurent, mais ne grandissent plus. Et tel un message passé aux peuples du monde, on comprend très consciemment qu’il vaut mieux que l’on se tienne à carreau, afin de ne pas vexer ceux qui ont le pouvoir de nous faire taire. Sans doute pas des fous ou des psychopathes comme on voudrait nous le faire croire, mais des gens suffisamment organisés et puissants pour faire abattre des célébrités en plein milieu d’une foule.

Il y a une foule d’autres hommes de cet acabit dans la longue liste des assassinés, et qui cherchaient à améliorer le monde. Libre à vous de creuser, de fouiller, et de prouver autour de vous qu’un mal rôde en ce monde qui veut faire taire la voie de la bonté humaine.

 
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Publié par le 28 août 2012 dans Uncategorized

 

Les Illuminati

ImageLes Illuminati ou Illuminés de Bavière étaient les membres de la société secrète fondée officiellement le 1er Mai 1776, en Bavière. Le fondateur connu se nommait Adam Weishaupt. L’ordre fut interdit par le gouvernement bavarois en 1795, soit moins d’une vingtaine d’années après sa fondation.

L’histoire qui suivit la naissance puis la disparition de cette société secrète fut riche d’événements géopolitiques et sociaux, et aujourd’hui, certains attribuent ces événements au vouloir des Illuminati. Il se raconte que les Illuminati auraient infiltré les hauts grades de la Franc-Maçonnerie, et y comploteraient dans un dessein machiavélique de contrôle de l’humanité via la fondation et le maintien d’un Nouvel Ordre Mondial, surgi du chaos.

A ce jour, s’il est indéniable que les plus hautes personnalités de la Franc-Maçonnerie sont souvent également haut placées dans la société, peut-on vraiment trouver un lien entre l’évolution du monde moderne et ces personnes ? Soyons honnêtes et pragmatiques ; les personnalités du monde sont des individus qui partagent un trait commun principal, nommé ambition. Et, nul besoin d’en connaître beaucoup sur la Franc-Maçonnerie, pour affirmer qu’elle reste un réseau professionnel et social moteur d’une évolution accélérée vers le sommet de la pyramide.

La Franc-Maçonnerie est en fait l’antique « Facebook » des bourgeois désirant gagner plus, acquérir plus de pouvoir, quitte à ce que ces objectifs passent, comme à la révolution Française, par le renversement d’un pouvoir royal bridant encore la naissante ploutocratie de sang roturier.

Aujourd’hui encore, la Franc-Maçonnerie reste un réseau gigantesque d’individus, souvent déterminés et travailleurs, cherchant à améliorer leur existence, qu’elle soit spirituelle, professionnelle ou sociale. Mais, apparemment, pas de trace des Illuminati là dedans. Car pourquoi perdurer derrière un tel nom, si la société secrète n’existe plus ? Encore plus secret que secret ? J’en doute.

A moins que.

Si l’on en revient à l’origine du mot Illuminati, celui-ci signifie « Illuminé » ; rien à voir avec l’utilisation péjorative désignant les fous, cette illumination tiendrait logiquement (Adam Weishaupt était un théologien, mais surtout un philosophe) d’une élévation de niveau vers une acquisition de connaissance.

Tout cela est vague. Alors replaçons tout cela dans le contexte historique. En 1776, les Etats-Unis voient le jour via la déclaration d’indépendance des Etats-Unis, suite à une scission avec la Couronne britannique. Les Franc-Maçons furent extrêmement impliqués dans cette création, qui révèle manifestement un désir de liberté abouti, offrant alors au monde une notion de démocratie où la liberté passerait avant les désirs des dirigeants. Officiellement.

En 1789, la Franc-Maçonnerie finit de tirer sur les ficelles françaises, et le peuple réussit enfin à se débarrasser de son Roi, afin d’instaurer une république. On décapiterait le Roi trois ans plus tard, histoire de faire sauter un symbole d’absolutisme. On se vengerait, en fait. Les paysans rentreraient dans leur campagne, et les bourgeois, eux, prendraient petit à petit possession des biens des nobles, ruinés déjà depuis des décennies.

Que pensaient ces Illuminés de Bavière, dans leur Forêt Noire (si je ne fais pas erreur), à propos de ces événements ? Qu’en était-il de la situation de l’Allemagne entre 1776 et 1795 ?

A dire vrai, le siècle des lumières fut profitable à tant de philosophes et de penseurs européens qu’il serait difficile de dire que des frontières existaient en ce qui concerne la pensée et l’analyse de la sagesse. Les Illuminati semblaient penser que les autres sociétés secrètes ne désiraient que modeler la société à leur image, et pour assouvir leur bon vouloir, et ils se voulaient devenir « LA » meilleure société secrète en ce sens qu’ils estimaient détenir la vérité concernant l’Illumination, passant par l’expérience personnelle.

Bon, c’est bien pêle-mêle, mais vous n’aurez qu’à lire les ouvrages de ce cher Adam.

Néanmoins, pourquoi de telles philosophes auraient voulu conquérir le monde à grand coup de Nouvel Ordre Mondial, despotique et cruel ? A moins qu’ils n’aient changé d’avis depuis, ce qui serait étrange – mais pourquoi pas – les Illuminati ne souhaiteraient sans doute pas avoir un tel résultat. Ils chercheraient même l’inverse ; que les Hommes s’élèvent spirituellement et intellectuellement afin de n’être plus le ramassis d’imbéciles qu’ils furent, sont, et seront sans doute malheureusement encore demain…

Alors quoi ? Existent-il encore ? Et si oui, peut-on devenir Illuminati ?

OUI, OUI et OUI.

Le message est pourtant plus clair qu’il n’y paraît. Au contraire de toutes les rumeurs qui existent et que l’on explique plus aux conspirationnistes, il serait plus logique que la pensée Illuminati perdure dans le but de l’élévation humaine. Scientifique, spirituelle, intellectuelle, qu’importe : le but est que l’Homme se détache de ce qu’il a toujours été jusqu’à ce jour. Et ce n’est pas en préparant un complot mondial que l’on y arrive.

A moins que.

La plupart des conspirationnistes dont des personnes passionnées, inquiètes, mais également intelligentes. Intelligentes, car curieuses. Et c’est bien là l’astuce de ces rumeurs qui circulent, sans aucune preuve : attirer l’attention. Alors bien entendu, cela donne une mauvaise image aux Illuminatis. Mais pensez-vous vraiment que des gens élevés spirituellement souhaitent être « populaires » ? Ils sont dans l’ombre, ce ne sont pas des starlettes hollywoodiennes qui se pavanent sur le tapis rouge de Cannes. Non, peu importe la voie, seule la destination compte, et si, pour dénoncer, ils doivent endosser les faits, qu’à cela ne tienne, ils assumeront la mauvais image, le temps que les individus comprennent.

Si vous vous inquiétez de ce que sont les Illuminatis, et de ce qu’ils font, vous êtes sur la bonne route, mais vous allez encore avoir des choix à faire, et des décisions concernant le prochain carrefour. Allez-vous vous attarder à la surface du message, ou allez-vous libérer votre esprit pour tâcher de saisir ce qu’il recèle en réalité ? Des complots, comme je l’ai écrit dans un de mes articles précédents, il y en a partout, et vous-mêmes, quelque part, en faite partie intégrante. Et j’ai également précisé qu’il ne tenait qu’à chacun de s’en défaire. C’est là, la route. C’est là, le message enfoui. Vous n’avez aucun pouvoir sur tout ce qui se passe autour de vous. Vous ne renverserez pas le gouvernement, qu’il soit mondial ou non. Vous ne sauverez pas la Terre de sa fin prédite et qui, de toute façon (désolé ?) n’arrivera pas. Vous ne changerez rien, car vous n’êtes qu’une goutte dans l’océan. Mais l’important, ce n’est pas de changer tout ça, tout votre environnement. C’est de vous changer vous. C’est le message. Améliorez-vous. Fermez les yeux, et ouvrez le troisième œil, celui que vous observez tout le temps sur la pyramide en vous posant moult questions.

Les Franc-Maçons partagent des symboles remontant à l’époque des égyptiens. Ils étudient ces symboles en espérant en découvrir la signification spirituelle. On s‘en fout. Chercher toujours à comprendre ce qu’un illustre artiste illuminé (dans le sens de fou cette fois) a créé, c’est vouloir chercher à faire de sa vérité la votre. Il y a autant de vérités qu’il y a d’humains, et aucune ne peut être partagée, car l’homme est par essence même, un être d’une subjectivité extrême (due à son éducation, son expérience personnelle, ses ressentis, etc.).

Et c’est justement votre réalité qu’il va vous falloir découvrir si vous espérez devenir un Illuminati. Votre expérience, vos jugements, vont devoir venir influencer votre façon de penser, d’être, et de ressentir. Si vous vous sentez malheureux, impuissant, mélancolique, ou toujours nostalgique, vous pouvez changer tout ça. Il faut s’abandonner à qui l’on est réellement, et oublier le matériel pour le spirituel. Attention, pas le spirituel religieux (beuark), mais le vrai spirituel. Celui qui vous fait parcourir parfois un frisson dans le corps, cette sensation quasi-magique que nul n’a jamais cherché à expliquer, et sans doute, dont nous oublions l’existence au moment même où le frisson s’est envolé. Pourtant, il arrive parfois, quand on ressent une grande empathie, un grand désir ou une grande colère; il vous fait froid et chaud, vous décontenance, et vous procure une sensation unique, et peu descriptible. Ca parcourt le corps, et ça fait dresser les cheveux.

Il y a quelque chose en vous que le matérialisme vous fait oublier, ou vous empêche de voir. Il y avait plus de magie il y a mille ans qu’il n’y en aura jamais plus, si les gens ne s’éveillent pas à nouveau. Et je ne sais quelle magie il devait pouvoir y avoir il y a des milliers d’années avant que l’on fonde les grandes religions stupides de notre époque, celles qui vous transforme en robot, en machine à travailler, et à fermer sa gueule.

On traque les sectes partout. Demandez-vous pourquoi.

Demander vous pourquoi les Illuminatis ont été interdits, sans pour autant ressurgir, malgré leur forte influence – même éphémère – alors que la Franc-Maçonnerie a toujours perduré, depuis bientôt trois siècle.

Le vrai éveil doit vous rester inconnu, pour le bien de la société. J’abuse, mais je vais dire que Matrix est finalement prophétique : réveillez-vous les Neo du monde. Vous êtes dans une matrice. OK, elle n’est certainement pas informatique, mais matérialiste. Arrêtez de penser à travers votre iPhone, arrêter de vouloir posséder un gros 4×4, arrêter de mesurer la qualité d’un humain à la valeur de son compte en banque. Cessez de vous arrêter à la surface des choses, à la beauté extérieure, mais creusez. Il y a du potentiel en tous. Et même s’il y a une foule de cons, ils doivent aussi avoir quelque chose en eux. Personne n’est à mettre à la poubelle. Cessons de mépriser, de juger, et de jalouser.

Ouvrez les yeux, devenez illuminés. C’est le message. Renversez votre vie avant de renverser quoi que ce soit d’autre. Et si l’on ouvre tous les yeux… le monde finira par devenir celui qu’on aimerait qu’il soit. Enfin, il s’en rapprochera un peu en tout cas.

 

John.

 
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Publié par le 14 juin 2012 dans Uncategorized

 

La fin du monde, ou l’inconscient collectif suicidaire.

ImageLa météo. Le temps qu’il fait. Un des sujets les plus préoccupants de l’humanité, si l’on en croit les discussions insipides que l’on peut avoir avec nos collègues, nos proches ou nos amis, lorsque les autres sujets sont épuisés, voire qu’ils n’arrivent pas à émerger dans la conversation.

Un des sujets les plus préoccupants, oui. Tout comme la fin du monde. Apparemment, de tout temps, cette fin est annoncée à maintes reprises, et pourtant, jusqu’à maintenant, je crois bien que nous nous sommes toujours trompés. Alors pourquoi, après des annonces de fins du mondes répétées, et ce, de plus en plus fréquemment, continue t’on de jouer à ce sordide jeu de surenchère, à une époque où, normalement, nous avons une intelligence et une culture suffisantes pour nous épargner ces conneries, si vous me permettez l’expression ?

Il semble que la société et les membres qu’elle compte y tiennent. La fin de tout, imagée par la fin du monde. Un suicide collectif à l’échelle planétaire, et qui se transformera dans les siècles à venir en fin de l’univers, à n’en point douter. Plus qu’une expectative, on dirait que cela prend la forme d’un indicible espoir que tout se termine, « enfin ».

Dans le nouveau Testament, mon patron religieux (lol…), Jean l’Apôtre, a rédigé ce magnifique récit imaginé qu’est l’Apocalypse. Ce livre de l’Apocalypse, pour ceux qui l’ignoreraient, décrit les événements à venir concernant la fin des temps, l’avènement – ou le retour, au choix – du Christ sur Terre, accompagné de sa bande de potes (les anges, les cavaliers de l’Apocalypse et son père, Dieu), et de son vieil ennemi, incarné en la Bête de l’Apocalypse, marquée du légendaire, mais non moins mathématique, « 666 », à l’instar de ceux-qui la servent. Et tout ce déploiement de VIP en vue du jugement dernier, qui déterminera si vos chaussures vous permettront d’entrer ou non dans le carré VIP du paradis, ou de retourner aux enfers, ou pour les moins malchanceux, retourner dans la queue pour repasser devant le physio du purgatoire…

Alors on en aura vu, des théories, des comparaisons, des éléments recoupant cette Apocalypse. On pourra encore pour l’éternité chercher les signes de son arrivée imminente. Le fait est qu’il faut cesser de croire tout ce qu’on vous raconte, à la télévision, comme dans les livres. Rien ne peut assurer qu’une fin du monde arrive, et encore moins qu’elle soit spécifiquement destinée à l’humanité. A moins, bien-sûr, que cette fin du « monde » ne soit que celle de l’humanité, et certainement provoquée par elle-même, comme un chauffard ivre s’envoie dans un platane.

Tiens donc ? Un chauffard ivre s’envoyant dans un platane ? Quid de ce comportement ??? Boire ou conduire, il faut choisir. Pour ma part, je ne pense pas avoir jamais bu avant de conduire, et je suis toujours Sam. Mais combien de personnes ai-je vues prendre le volant avec « un petit coup dans l’aile » ? Ou même un gros coup… Quel est donc ce comportement étrange ?

Typiquement humain – enfin, occidental, autant que je puisse l’affirmer. Profiter à tout prix, même au prix de la vie. Alors comment demander à ces personnes qui risquent leur vie, et celle des autres, dans le but de profiter d’une soirée, de refuser le système consumériste qui tend, indéniablement, à pousser notre monde dans une situation dangereuse… La réaction est semble t’il inscrite dans nos gènes : carpe diem.

Et malgré ce comportement, on ne songe qu’à cette fin du monde ; enfin, pas tous, je crois. Mais nombreux le sont, et ce phénomène transparaît toujours plus dans les médias, au cinéma, etc. Du film catastrophe « classique » des années 80, nous en sommes arrivés au film de la fin du monde apocalyptique des années 2000, à grands renforts d’effets spéciaux en tous genres.

Et puis il y a Internet et ses rumeurs. Son lot, et son flot incessant de vidéos alarmistes, de propos angoissants et angoissés. Du complot cherchant à réduire la population à 500.000.000 d’individus, à l’arrivée fulgurante d’une planète venant percuter la notre, on a droit à une panoplie de fins du monde adaptée aux goûts de chacun.

L’homme joue t’il à se faire peur ? Aime-t-il cela à un tel point ? Espère t’il vraiment être transformé, lui et ses semblables, en une armée de zombies décérébrés errant dans les rues en quête du dernier humain qui se planque pour le bouffer ? Pourquoi cet attentisme de la fin du monde ? De plus, si on en juge à ce qui s’est déroulé dans le passé, cette mode n’est pas mode, mais dure depuis toujours.

Je crois qu’en pensant à la fin du monde, l’homme se réconforte vis-à-vis de sa propre mort. Car si l’est bien une chose que l’humain craint par-dessus tout, c’est la mort. Cette appréhension ultime, si grande que l’homme préfère prendre le risque de la subir plutôt que de la concevoir en l’anticipant. On aime croire que rien ne peut nous arriver. D’ailleurs, je pense que l’immense majorité des humains ne se projettent pas à l’instant de sa mort. La vieillesse est taboue, plus encore que la maladie – qui, elle, se guérit parfois. Mais alors comment la fin du monde peut-elle réconforter ?

Je dis souvent aux gens : « Tu sais, les gens ont peur de la mort, car ils ont peur de ne plus exister ; pourtant, avant notre naissance, le monde tournait déjà, et nous, nous n’étions pas mal ; le monde continuera de tourner après notre mort, et nous ne serons sans doute pas plus mal qu’avant notre naissance ». En fait, c’est là que tout se joue. Si la fin du monde arrive, et qu’ils la vivent, les gens se disent qu’ils ne souffriront pas. C’est la fin pour tous, c’est moins grave. Le monde ne tournera plus, alors ils se sentiront moins morts… C’est de l’égocentrisme poussé à son extrême : « Comment, si je ne suis plus là, les choses peuvent-elles continuer à se dérouler ??? ». Ou alors, la peur poussée à son extrême : « Si les choses continuent de vivre quand moi je suis mort, je suis donc totalement insignifiant ? ». Ben ouais…

De plus, la peur d’affronter ce qu’il y a « après », s’en retrouve également diminuée, si ce passage se fait « massivement ». Comme si l’on allait passer inaperçu dans le flot d’âmes. Comme si, peut-être, le Juge nous oublierait, et que l’on pourrait « gruger » pour entrer au Paradis en feintant le videur, ce fameux Saint Pierre.

Sans chercher à entrer encore plus profondément dans les détails, cette fascination morbide et suicidaire pour la fin du monde ne démontre qu’une chose : le manque de Foi des hommes. Sans parler d’une Foi bien particulière. La Foi dans ce sens de la Confiance. La Confiance en leur destinée, en ce qu’une force a planifié pour eux, etc. Plus de Confiance en rien, uniquement la méfiance, le doute, et la peur. Et tout cela à cause de ? Du matérialisme, au détriment de la spiritualité. Nous nous sommes tellement attachés à ce qui est matériel, concret, préhensible, que nous nous sommes détournés de toute source de rêve, d’espoir, et de plénitude, et que nous ne pouvons plus concevoir d’être séparés de toute cette « matière ».

 

Triste comportement. La fin du monde approche sans aucun doute. Mais ce ne sera sans doute pas romantique, ni cataclysmique. Car quand on meurt, tout s’arrête. Et alors ?

 

Ajout d’un Lien (06/06/2012): http://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_de_pr%C3%A9dictions_de_la_fin_du_monde

 
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Publié par le 4 juin 2012 dans Uncategorized

 

De l’illusion des conspirations, et de leur inéluctabilité.

 Sceau Annuit Coeptis

Le conspirationnisme tient lieu de philosophie absolue en rapport aux personnes atteintes de paranoïa. Il est évident que le paranoïaque se convainc lui-même qu’autour de lui, tout ou partie de son monde complote contre lui. Cette paranoïa atteint son paroxysme alors que la communication se retrouve grandement simplifiée, se transformant alors de simple « maladie », à phénomène de société grandissant, chacun apportant à l’édifice des conspirations, sa petite preuve personnelle de complots globaux.

 La paranoïa peut s’expliquer facilement. Il suffit d’observer la nature, pour l’y retrouver un peu partout. Généralement, les animaux qui ne sont pas de super prédateurs, et notamment les mammifères, semblent manifester une certaine appréhension vis-à-vis de l’environnement, et de ce qui pourrait en jaillir pour les égorger. La proie est paranoïaque, et cette paranoïa ne tient que du simple fait que leur survie dépend de cette peur.

L’humain, lui, n’est plus une proie depuis bien des millénaires. Mais cet instinct de survie demeure encore et toujours dans ses veines depuis l’aube des temps, depuis qu’il devait monter aux arbres pour échapper aux tigres, loups et autres grands carnivores, avant que le feu ne devienne son allié… Pourtant, il y a de quoi se demander pourquoi cet instinct subsiste. En vérité, la société humaine n’a eu de cesse de se concentrer, de se rassembler, et de bâtir de grandes cités, notamment pour se sentir plus forte, vis-à-vis des prédateurs, qu’ils fussent animaux, ou humains.

 La concentration des hommes aura pourtant débouché sur une dualité paradoxale : un rassemblement permettant de se sentir plus fort, mais également une promiscuité gênante dans laquelle l’individu perd de son espace vital, et donc, de sa liberté. Si l’on ajoute à cela le fait que l’évolution de la société permit l’avènement d’inégalité, et avec elle, de la criminalité, une nouvelle forme de prédation apparaît alors : la prédation par l’argent. Car lorsque l’on se promène, de quoi peut-on avoir peur, si ce n’est de se faire voler ? Ainsi, les hommes ont conservé cette paranoïa latente dans leurs gènes, ajustée à leur propre évolution.

 

En parallèle, la concentration des humains donna lieu à une société de plus en plus pyramidale, complexe, dans laquelle l’individu perdit tout contrôle sur les événements entourant sa propre existence. Le travail, la dépendance au système pour survive, furent les éléments propices au malaise individuel. Inconsciemment, les hommes restent fermés dans un carcan invisible, mais toujours plus indestructible au fur et à mesure de la croissance de cette pyramide. Alors, du bas de celle-ci, ou d’un des étages au dessus, l’individu cherche un responsable. Bien entendu, que l’on soit en démocratie, en dictature ou dans tout autre système social humain, on connaît plus ou moins les « dirigeants », et donc, les responsables du fonctionnement social. Cela explique d’ailleurs les changements de régimes fréquents dans l’Histoire.

 Mais l’Histoire plus récente nous démontre également que le pouvoir tend à se dématérialiser. Plus de dirigeants vraiment définis ; des sociétés aux multiples manettes, et aux pouvoirs cloisonnés. Plus de Roi à décapiter, mais des sociétés « sociales » dirigées de plus en plus par des sociétés « entrepreneuriales », dont les dirigeants ne sont pas, pour les plus grandes, les vrais décideurs. Alliée avec un système capitaliste de près d’un millénaire, ayant vaincu la divinité des Rois et Reines, pour installer un système totalement basé sur le travail, la rémunération et le pouvoir ploutocratique, la société humaine plonge l’individu lambda dans un cellule, partie intégrante de la pyramide. L’image si commentée du sceau présent sur le dollar américain le prouve : chaque brique soutient celle du dessus… mais reste bien en dessous. Et le sommet, lui, flotte littéralement, car son pouvoir a désormais atteint un tel niveau que même la chute de tout l’édifice ne saurait le faire choir, lui.

 

Donc, l’individu ne sait plus vraiment qui est où, qui décide quoi, et surtout, qui décide pour lui ! Face à la complexité de la société actuelle, le citoyen n’a d’autre recours à son destin que le bulletin de vote, les pétitions et la manifestation déclarée pour les démocraties, ou alors les armes pour les dictatures. Dans le premier cas, l’efficacité s’en retrouve très discutable ; dans le second, c’est la survie de l’individu qui devient très discutable. Et la paranoïa suit alors son chemin : qui sont-ils ceux qui dirigent, et pourquoi prennent-ils telle ou telle décision ?

 Le monde actuel et ses facettes si complexes, tant dans leur structure que dans leur domaine parfois inaccessible à la compréhension commune, génère de la peur, de l’angoisse. L’individu abandonnant toute recherche de vérité sera le mouton. Celui recherchant la vérité sera le révolutionnaire. Celui pensant la détenir, et refusant de se soumettre à cette réalité sera le marginal. Mais aucun d’eux ne saura renverser la tendance. Car mouton, révolutionnaire et marginal restent cloisonnés dans leur cellule respective, où qu’elle se situe dans la pyramide. Car plus la recherche de vérité se fera sentir, plus celle-ci sera empreinte d’une forte prudence, renforçant ainsi le ciment entre les briques, sans permettre leur fusion.

 Un complot se trame donc bien au dessus de nous. Mais quel complot ? Par qui ? Dans quel but ? Complot par-ci, complot par-là. On en voit partout ! Chacun voitmidià sa porte, et ce conspirationnisme ambiant devient mode. Internet devient alors l’outil absolu pour la communication et le « partage » d’informations. Toutes vérifiables et vérifiées, évidemment. A moins bien entendu que cela n’arrange bien les conspirationnistes de faire confiance à leurs semblables en termes de fiabilité de l’information. Qui sait vraiment ce qui se trame ?

 Chacun aujourd’hui voit un complot quelque part. Mais personne ne sait exactement placer le doigt sur une personne en particulier. Personne ne peut d’ailleurs prétendre connaître la limite du ou des groupuscules motivant ce grand complot global. Car la notion de complot elle-même est discutable. Est-ce un but particulier autour d’une idéologie ? Est-ce une vision philosophique ? Ne sont-ce que des intérêts personnels regroupant des personnes les partageant ? Difficile de rester raisonné et logique lorsque l’on parle de tels complots.

 

 Et pourtant. Les conspirationnistes sont montrés du doigt sur ces faits. Le déni total de complot, soit dans les médias, soit par la plèbe, est une réaction des plus répandue. Mais généralement, les explications données autour de ce déni restent floues. Personne ne tente jamais d’expliquer l’inexplicable, et la réponse classique serait « je ne rentre pas dans ce jeu là ». Mais ce jeu, il existe, ne serait-ce qu’en termes de probabilités.

 Car le monde complexe dans lequel nous vivons, avec les strates sociales que nous connaissons, ne peut qu’être le siège d’affaires cachées. Quel qu’en soit le but, ces affaires sont généralement bien éloignées de tout ce que l’on peut estimer de plus louable au sein de l’humanité. Les Droits de l’Homme sont si bafoués de par le monde, qu’il serait hypocrite de soutenir que la grande, la noble Humanité progresse. Mais si elle ne progresse pas, voire même si elle régresse, quid du moteur de cette dégénération ? L’argent. Oui, l’argent roi, l’argent-Dieu, est le moteur. Mais l’argent n’est que l’outil, pas la main, et encore moins la pensée qui désigne l’objectif à atteindre.

 S’il est indéniable que le pouvoir rend ivre l’Homme, le poussant sans doute dans des actes imprononçables, comment les plus puissants, id est, les plus riches, ne le cachons pas, peuvent-ils agir sans que la population, la masse humaine, ne les contre ? La société humaine a laissé faire. Inconscient collectif ? Peut-être que le petit clan d’hommes préhistoriques transformé en village monde actuel n’a pas changé, et que les plus faibles s’en réfèrent aux plus forts pour les mener… où ? Le complot visant à asservir l’humanité n’est-il simplement pas la suite logique des événements ? Progrès engendrant occupations physiques et matériels, et détournant l’esprit humain de la philosophie et du courage ? Et toute cette effervescence détournant, distrayant le regard du citoyen de ce qui se trame en coulisse, chez ceux-qui ont le « temps » de piloter la société…

 Les personnes les plus puissantes en ce monde partagent des intérêts communs. Elles restent également en compétition pour une certaine suprématie, à moins que leur gourmandise ne puisse être rassasiée, ce qui est improbable, compte-tenu des altitudes que prendraient les billets de banque qu’ils possèdent, s’ils étaient empilés, et de la masse de personnes dépendants directement de leurs décisions : elles veulent toujours plus, elles sont insatiables.

Ces personnes qui pilotent, prennent en effet des décisions. Et ces décisions coûtent la vie à des millions d’êtres humains. Fomentées par des religions et des idéologies ou encore des discordes territoriales, officiellement, les guerres explosent partout dans le monde, et depuis la nuit des temps. Et à l’époque où les armées sont censées être toujours plus « de métier », on constate que ce sont principalement les populations qui souffrent, agonisent. Alors comment cela est-il possible ? Comment, des dizaines d’années de relative stabilité des frontières, et des religions, assiste t’on à de telles épidémies de mort par la guerre ou la famine ?

 Quel but pousse les puissants à entretenir ce système engendrant mort et destruction ? Soyons honnêtes, les dirigeants, les grands actionnaires, les membres des sociétés secrètes, sont déjà richissimes, et capables de s’offrir tout ce dont ils pourraient rêver. Alors pourquoi ne pas mettre le système en pause ? C’est bien là où l’évidence d’un complot apparaît. Il y a une force, une volonté, qui entretient ce monde pourrissant. Car la conscience de ceux qui ont les mains couvertes de sang, semble être totalement nécrosée. Pour quoi, ou pour qui ces riches et puissants persistent-ils à laisser le reste du monde crever ? Qui saurait répondre à cette question, détiendrait une vérité que peut-être même ces dirigeants ne détiennent pas.

 Si l’on peut considérer que la soif de pouvoir justifie tout moyen, et que parmi ces moyens, l’alliance secrète avec d’autres compte… la logique devient obsolète. Car si une telle soif de pouvoir existe, elle ne peut-être qu’exclusive. Au-delà du complot visant à donner toujours plus de pouvoir à un groupe d’hommes, existe autant de complots personnels visant à prendre le seul et unique pouvoir. Ainsi donc, tous viseraient à faire un putsch dans l’ombre, putsch impossible à réaliser compte-tenu des structures étatiques, entrepreneuriales et sociales. Comment un seul homme saurait-il mettre à genoux l’ensemble des hommes ? Comment s’entourer, et se faire « respecter » ?

 Finalement, il est impossible de ne pas prendre en compte que des complots existent. Bien au-delà même de l’imagination de ceux qui les cherchent. Sectes sataniques, groupes d’actionnaires richissimes, hommes de l’ombre cachés derrière les dirigeants, impossible de les cerner vraiment, et ce, de plus en plus avec les progrès technologiques. L’audace pourrait même pousser à imaginer qu’un homme seul saurait passer assez de coup de fil à l’ensemble des puissants pour leur dicter leurs devoirs, et les actes à accomplir. Mais sans aller jusque là, personne ne peut décemment nier que les hautes sphères sociales, religieuses, financières, portent en leur sein des groupes secrets, discutant, argumentant, et arrêtant des décisions sans aucun regard démocratique.

 La véritable problématique pour le conspirationniste, est d’établir là où commence, et là où s’arrête le complot. Où se trouve l’interface, où se situe la limite entre le sommet de la pyramide, flottant au dessus, et sa base ? Je crois que c’est exactement le piège dans la représentation du sceau sur le dollar américain. Croire qu’il y ait une limite. Car il n’existe pas d’interface délimitée. Le complot, nous en sommes tous instruments, exécutants, voire parfois, décideurs.

Lorsque vous vous levez le matin, et acceptez que votre journée se déroule de la même façon que la veille, vous faite partie du complot, de la pyramide. Lorsque vous avez un petit pouvoir de décision, vous travaillez à ce complot, en licenciant un employé ne travaillant pas selon des critères bien définis pour vous, mais peut-être pas si facilement réalisables pour lui. En achetant des produits dont vous savez que leur fabrication a engendré de quelque manière que ce soit, une pollution. En ignorant ceux qui sont plus bas que vous, et en les méprisant lorsque leur regard croise le votre dans la rue.

 L’égoïsme. C’est l’autre arme du grand complot humain. Ce système s’est totalement basé sur l’individu, plus jamais sur l’intérêt commun. Chaque fois que l’on vous sollicitera pour donner, et aider d’autres personnes, cela sera fait via un organisme, une organisation, qui devra, avant tout, survivre. Et à la tête de cet organisme, les membres, égoïstes malgré tout, s’octroieront toujours plus que ce qu’ils ne distribueront. Les personnes saintes qui donnent tout et ne gardent rien sont tellement rares que parfois, on connaît leur nom. Et elles n’en n’ont cure.

 Le complot des puissants n’est pas à l’image d’une réunion autour d’une table pour prendre des décisions secrètes. Le complot n’existe pas en tant que but, c’est un état de fait. Le système humain, quelle qu’en soit l’économie qui le supporte, est un système pyramidal, où chaque brique rêve d’être placée à l’étage supérieur, et ce, quelles que soient ses motivations personnelles (financières, prestigieuses, sexuelles). Plus de pouvoir, c’est… pouvoir plus ! Cette soif est aujourd’hui entretenue par l’argent, via la publicité. La soif de posséder. La soif de diriger. Et cette soif n’est entretenue que par l’ancestrale peur de manquer, et donc, de mourir.

 Ceux tout en haut, ceux qui décident qui doit vivre ou mourir, ne sont que vous, et moi. Certes, vous et moi sommes choqués de leurs décisions. Mais lorsque nous détournons le regard du sans domicile dans la rue, nous n’agissons guère mieux. Ils pensent également ainsi : « en quoi est-ce mon problème ? Je ne vais pas me priver du superflu pour qu’il ait plus, on ne sait jamais, ça pourrait me servir finalement ».

 Lorsque nous écrasons un moustique de peur qu’il nous pique, lorsque nous tuons des milliers de bactéries dans nos maisons, lorsque nous abandonnons ou battons un animal, nous sommes comme eux. Lorsque nous faisons quelque chose dont nous ne voulons pas que cela soit su, que nous grugeons dans les transports, ou mettons quelque chose dans notre poche quand le commerçant détourne les yeux, nous sommes comme eux. Lorsque nous mentons à nos femmes ou nos maris après les avoir trompés, nous sommes comme eux. Lorsque nous inventons des anecdotes imaginées à nos amis pour les épater, nous sommes comme eux. Lorsque nous usons, dans l’absolu, du mensonge, du vol, de l’hypocrisie, de la mauvaise foi, de l’égoïsme, nous sommes comme eux. Lorsque nous détournons les yeux de nos responsabilités envers les autres, lorsque nous dissimulons qui nous sommes vraiment, nous sommes comme eux.

 Finalement, chacun à son niveau de l’échelle, agit de la même façon. Et à chaque niveau de l’échelle, plus on monte, plus l’égoïsme est fort, et moins la conscience et la morale n’existent. C’est pour cela qu’il n’existe aucune interface entre le sommet et la base, et que celle-ci reste bien soudée. Et s’il existe des personnes hors de la pyramide, elles sont loin sous la base, ne possèdent rien, et donnent tout. Elles respectent la vie par-dessus tout, même par-dessus leur propre existence. Elles aiment, par-dessus tout. Elles ne sont pas humaines ; elles sont d’essence divine. Vous n’en croiserez peut-être jamais, et sans doute, de moins en moins. Au purgatoire, l’humanité a jugé pour elle-même : ce sera l’Enfer.

 

 Alors oui, en conclusion. Oui, les complots existent, et j’irai jusqu’à dire qu’ils sont légion. Ils naissent dans les foyers, dans les gangs, dans les confréries ou dans les sectes. Ils se diffusent ou s’étouffent, suivant la résonnance qu’ils offrent autour d’eux, et cette résonnance est généralement proportionnelle aux sommes d’argent possédées par les membres qui complotent. Les complots vivent, et meurent. Si un complot visant à diriger le monde a atteint son objectif, cela reste obscure, difficile à juger et jauger. Peut-être est-ce le cas, et peut-être que d’autres complots ne visent en fait qu’à récupérer ce pouvoir absolu. Sans doute plusieurs groupes se font-ils la guerre dans l’ombre, à coups de milliards, de guerre et d’assassinats, afin de grignoter petit à petit le territoire des autres groupes secrets. Ou peut-être n’y a-t-il rien d’aussi organisé, d’aussi déterminé ; peut-être que ces mensonges et ces manipulations sont désorganisées, seulement motivées par des buts personnels.

 Dans tous les cas, l’information, et la communication sont deux éléments destructeurs de la pensée : nul ne peut garantir ce qu’un autre rapporte, quelles qu’en soient les preuves, surtout dans un monde où l’on ne peut se fier à une image ou une vidéo, tant les moyens techniques peuvent les pervertir. L’ermite vivait seul, isolé et replié sur sa propre pensée. Peut-être en devenait-il fou. Peut-être également que ce que l’on nomme aujourd’hui « folie » n’est que l’élévation de l’esprit vers un état supérieur, éloigné de la paranoïa et globalement, de la peur.

La peur engendre tous les maux de l’Homme. Elle a bâti sa société. Et elle continue de la faire pourrir tout en grandissant. Il faut arrêter d’avoir peur de donner, d’être généreux, d’être authentique, d’être courageux. Il faudrait passer ce cap, pour faire machine arrière. Sinon, je l’ai dit, ce sera l’Enfer.

 
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Publié par le 31 mai 2012 dans Uncategorized